Une superstar appelée G.G.
Vickey.
Il
est à l’honneur demain 30 avril au Burkina-Faso.
On l’appelle G.G. Vikey de son nom d’artiste musicien.
Gustave Gbénou Vikey est incontestablement « le
doyen » pour la jeune génération de nos
artistes. Il a été à l’origine de
la vocation des uns. Il a été l’exemple,
le modèle qui a inspiré les autres. G.G. Vikey
reste pour tous une star de la chanson non seulement de la chanson
béninoise, mais aussi de la chanson africaine. Son talent,
comme peut en témoigner l’audience de sa production
discographique, a dépassé les frontières
du pays qui l’a vu naître.
C’est, en effet, demain
30 avril, au Burkina-Faso, que la première dame burkinabé,
Chantal Compaoré, remet à G.G. Vikey, le trophée
du lauréat du « Kundé d’Or ».
Il s’agit d’une distinction de portée interafricaine,
de portée internationale qui récompense l’artiste
pour sa chanson « Vive les mariés ».
La grande fête qui s’annonce
ainsi à Ouagadougou est le temps d’un hommage international
à notre compatriote G.G. Vikey, un artiste déjà
oublié et enterré vivant dans l’esprit de
plus d’un.
C’est vrai, l’homme
n’est pas contemporain des stars qui constellent le ciel
actuel de la musique africaine. Pour ne citer, à titre
d’exemple que les Youssou Ndour, Babal Mal, Ismaël
Lo, Coumba Gaoulo au Sénégal, Méway, Blondy,
Tiken Djah Facoly, la pléiade talentueuse du groupe Magic
Système en Côte d’Ivoire, Kofi Olomidé,
Lokoua Kanza et autres Papa Wemba au Congo.
Mais
G.G.Vikey a marqué son temps le temps, où il poussait
la chansonnette, sa guitare en bandoulière d’une
empreinte indélébile. Ceci pour souligner une
des spécificités de l’art qui ne consacre
que des individus, à travers leur génie propre,
mais jamais des pays ou des nations.
De ce point de vue, il est abusif de réduire la musique
de Youssou Ndour à une soit disant musique sénégalaise
qui n’existe et ne s’exprime qu’à travers
la contribution spécifique, particulière et unique
de Youssou Ndour. De même, l’hirondelle Angélique
Kidjo suffit à elle seule à faire le printemps
de la musique béninoise.
C’est dire qu’il
n’y a de grille de référence et d’appréciation
de la musique de G.G. Vikey que par rapport au talent intrinsèque
de l’artiste lui-même, par rapport à la qualité
de sa création. Ceci indépendamment des conditions,
des contextes, des circonstances qui ont vu émerger sa
production musicale. Ce qui nous permet d’affirmer une
autre spécificité de l’art, à savoir
que les moyens techniques et technologiques qui soutiennent
et accompagnent la création musicale ont beau évoluer
depuis, sont aujourd’hui sans commune mesure avec ce qui
était hier, mais Mozart reste et restera Mozart, tout
comme les Beatles restent et resteront les Beatles. Pourquoi
la gomme du temps n’a pu effacer G.G. Vikey de nos esprits
et de nos cœurs ?
Quand, au tournant des années
60, il fit une entrée fracassante sur la scène
musicale de son pays et au-delà, G.G. Vikey s’imposa
d’emblée comme un innovateur, un créateur
au sens plein du terme quelqu’un qui sait explorer de
manière différente et originale les sentiers battus.
Ceci tant par son style qui ne ressemble à aucun autre,
par le message que portaient ses chansons et qui ne laissait
personne indifférent que par le jeu du guitariste émérite
qu’il est. En s’appuyant en cela sur la dimension
du parolier de l’artiste, puisque G.G Vikey est lui-même
l’auteur des paroles de ses chansons, les critiques, à
l’époque, ont alors conclu que venait de naître
le Brassens béninois (alors dahoméen). G.G. Vikey,
à en croire ces critiques, par son génie, traçait
des notes bien à lui, à partir de sa sensibilité
africaine, sur les pages du grand livre de la musique universelle.
Le temps est passé. G.G.
Vikey a choisi de se taire. Il s’est couvert du voile
dus silence sinon qu’il s’est laissé ensevelir
dans le linceul d’une mort artistique programmée,
au grand dam de ses fans, de tous ceux qui l’ont admiré,
de tous ceux qui l’ont soutenu et aimé.
Pour
tous ceux-là, le Kundé d’or que reçoit
demain au Burkina-Faso G.G. Vikey, a le goût d’une
belle revanche. La revanche sur un destin implacable, incompréhensible
qui l’éloigna de la scène. Pour nous en
tout cas, ce prix est le signe patent d’une résurrection.
Nous vous avons dit : les étoiles ne meurent jamais.