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La chronique de Jérôme Carlos sur CAPP FM
Edition du Mardi 29 Avril 2003


Une superstar appelée G.G. Vickey.

Il est à l’honneur demain 30 avril au Burkina-Faso.

On l’appelle G.G. Vikey de son nom d’artiste musicien. Gustave Gbénou Vikey est incontestablement « le doyen » pour la jeune génération de nos artistes. Il a été à l’origine de la vocation des uns. Il a été l’exemple, le modèle qui a inspiré les autres. G.G. Vikey reste pour tous une star de la chanson non seulement de la chanson béninoise, mais aussi de la chanson africaine. Son talent, comme peut en témoigner l’audience de sa production discographique, a dépassé les frontières du pays qui l’a vu naître.

C’est, en effet, demain 30 avril, au Burkina-Faso, que la première dame burkinabé, Chantal Compaoré, remet à G.G. Vikey, le trophée du lauréat du « Kundé d’Or ». Il s’agit d’une distinction de portée interafricaine, de portée internationale qui récompense l’artiste pour sa chanson « Vive les mariés ».

La grande fête qui s’annonce ainsi à Ouagadougou est le temps d’un hommage international à notre compatriote G.G. Vikey, un artiste déjà oublié et enterré vivant dans l’esprit de plus d’un.

C’est vrai, l’homme n’est pas contemporain des stars qui constellent le ciel actuel de la musique africaine. Pour ne citer, à titre d’exemple que les Youssou Ndour, Babal Mal, Ismaël Lo, Coumba Gaoulo au Sénégal, Méway, Blondy, Tiken Djah Facoly, la pléiade talentueuse du groupe Magic Système en Côte d’Ivoire, Kofi Olomidé, Lokoua Kanza et autres Papa Wemba au Congo.

Mais G.G.Vikey a marqué son temps le temps, où il poussait la chansonnette, sa guitare en bandoulière d’une empreinte indélébile. Ceci pour souligner une des spécificités de l’art qui ne consacre que des individus, à travers leur génie propre, mais jamais des pays ou des nations.

De ce point de vue, il est abusif de réduire la musique de Youssou Ndour à une soit disant musique sénégalaise qui n’existe et ne s’exprime qu’à travers la contribution spécifique, particulière et unique de Youssou Ndour. De même, l’hirondelle Angélique Kidjo suffit à elle seule à faire le printemps de la musique béninoise.

C’est dire qu’il n’y a de grille de référence et d’appréciation de la musique de G.G. Vikey que par rapport au talent intrinsèque de l’artiste lui-même, par rapport à la qualité de sa création. Ceci indépendamment des conditions, des contextes, des circonstances qui ont vu émerger sa production musicale. Ce qui nous permet d’affirmer une autre spécificité de l’art, à savoir que les moyens techniques et technologiques qui soutiennent et accompagnent la création musicale ont beau évoluer depuis, sont aujourd’hui sans commune mesure avec ce qui était hier, mais Mozart reste et restera Mozart, tout comme les Beatles restent et resteront les Beatles. Pourquoi la gomme du temps n’a pu effacer G.G. Vikey de nos esprits et de nos cœurs ?

Quand, au tournant des années 60, il fit une entrée fracassante sur la scène musicale de son pays et au-delà, G.G. Vikey s’imposa d’emblée comme un innovateur, un créateur au sens plein du terme quelqu’un qui sait explorer de manière différente et originale les sentiers battus. Ceci tant par son style qui ne ressemble à aucun autre, par le message que portaient ses chansons et qui ne laissait personne indifférent que par le jeu du guitariste émérite qu’il est. En s’appuyant en cela sur la dimension du parolier de l’artiste, puisque G.G Vikey est lui-même l’auteur des paroles de ses chansons, les critiques, à l’époque, ont alors conclu que venait de naître le Brassens béninois (alors dahoméen). G.G. Vikey, à en croire ces critiques, par son génie, traçait des notes bien à lui, à partir de sa sensibilité africaine, sur les pages du grand livre de la musique universelle.

Le temps est passé. G.G. Vikey a choisi de se taire. Il s’est couvert du voile dus silence sinon qu’il s’est laissé ensevelir dans le linceul d’une mort artistique programmée, au grand dam de ses fans, de tous ceux qui l’ont admiré, de tous ceux qui l’ont soutenu et aimé.

Pour tous ceux-là, le Kundé d’or que reçoit demain au Burkina-Faso G.G. Vikey, a le goût d’une belle revanche. La revanche sur un destin implacable, incompréhensible qui l’éloigna de la scène. Pour nous en tout cas, ce prix est le signe patent d’une résurrection. Nous vous avons dit : les étoiles ne meurent jamais.

 
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