Fin des élections et après
?
La
cour constitutionnelle a parlé. Point final donc pour
les législatives de 2003. Il faut ranger les réclamations,
ravaler les récriminations, abandonner les réclamations.
Ainsi le veut la loi dans une démocratie pluraliste.
Ceux
qui ont passé avec succès l’épreuve
des législatives, fort du suffrage des électeurs,
iront nous représenter au Palais des Gouverneurs à
Porto-Novo.
Election
présidentielle, élections municipales et communales,
élections législatives, les consultations se suivent,
s’enchaînent sans que l’on puisse dire que
nous tirons enseignements des unes, que nous capitalisons utilement
les leçons des autres pour une appropriation maîtrisée
du processus démocratique en cours dans notre pays.
Le
sentiment général, c’est que nous allons
d’une élection à l’autre, comme si
nous sautions à pieds joints d’une étape
à l’autre. Cela n’est pas ordonné.
Cela fait désordre. Cela n’est pas pensé.
Cela fait haché, au coup par coup, en dent de scie.
Pourquoi,
par exemple, la CENA Agbétou s’est-elle révélée
apparemment moins performante que la CENA version Adam Soulé
Ibrahim ? Y-a-t-il eu des avancées, des progrès,
aujourd’hui, qui mériteraient d’être
capitalisés pour mieux aborder demain ?
Les
différentes CENA doivent-elles se suivre comme autant
d’élaborations particulières dans le temps,
sans lien, sans rapport les unes avec les autres chacune épousant
les qualités et les faiblesses de son président
?
La
CENA version Adam Soulé Ibrahim aura été,
par exemple, la moins bavarde. Mais elle est celle qui, a été
la plus rapide à communiquer ses résultats, des
résultats provisoires, il est vrai. Est-ce cela qui explique
ceci ? Si oui, c’est-à-dire que si c’est
le moins de bavardage qui explique et justifie le plus de rapidité
dans la communication des résultats, on devrait alors
en tirer enseignements et leçons pour les prochaines
CENZ.
L’objectif,
c’est de parvenir à établir un ensemble
de procédés normalisés, afin de mettre
en place un système cohérent pour l’organisation
et la gestion des élections sur toute l’étendue
du territoire national. Il y a au bout, cohérence ses
structures, efficacité et fiabilité des structures
et surtout confiance du citoyen-électeur en ces structures.
S’y
prennent-ils autrement les pays que nous admirons et qui réussissent
le tour de force d’organiser des élections et d’en
donner les résultats quasiment le jour même ? Mieux,
dans ces pays, des candidats battus, qui ont perdu les élections,
s’avisent de reconnaître leur défaite et
de féliciter leurs adversaires.
Ici,
la réalité est tout autre : il y a encore trop
de suspicion autour de nos élections, trop de grogne
autour de l’organisation de celles-ci, trop de ratés
dans la préparation, trop de flou dans les différentes
opérations, trop de contestation autour des résultats,
trop d’aigreur, trop d’insatisfaction, trop de frustrations,
trop de rancœur une fois close la parenthèse électorale.
Tout
se passe comme si chaque élection est une épreuve
particulièrement dure et pénible pour l’ensemble
de la nation.
En
proposition idéale, une élection devrait servir
de brouillon pour mieux organiser la suivante jusqu’à
ce qu’on réussisse à présenter une
copie propre, une copie sans tâche. Qu’il ne soit
pas dit, en tout cas, que le Bénin que l’on tient
pour le laboratoire de la démocratie en Afrique éprouve
le plus grand mal à être autre chose qu’une
porcherie électorale.