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La chronique de Jérôme Carlos sur CAPP FM
Edition du jeudi 10 Avril 2003


Fin des élections et après ?

La cour constitutionnelle a parlé. Point final donc pour les législatives de 2003. Il faut ranger les réclamations, ravaler les récriminations, abandonner les réclamations. Ainsi le veut la loi dans une démocratie pluraliste.

Ceux qui ont passé avec succès l’épreuve des législatives, fort du suffrage des électeurs, iront nous représenter au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo.

Election présidentielle, élections municipales et communales, élections législatives, les consultations se suivent, s’enchaînent sans que l’on puisse dire que nous tirons enseignements des unes, que nous capitalisons utilement les leçons des autres pour une appropriation maîtrisée du processus démocratique en cours dans notre pays.

Le sentiment général, c’est que nous allons d’une élection à l’autre, comme si nous sautions à pieds joints d’une étape à l’autre. Cela n’est pas ordonné. Cela fait désordre. Cela n’est pas pensé. Cela fait haché, au coup par coup, en dent de scie.

Pourquoi, par exemple, la CENA Agbétou s’est-elle révélée apparemment moins performante que la CENA version Adam Soulé Ibrahim ? Y-a-t-il eu des avancées, des progrès, aujourd’hui, qui mériteraient d’être capitalisés pour mieux aborder demain ?

Les différentes CENA doivent-elles se suivre comme autant d’élaborations particulières dans le temps, sans lien, sans rapport les unes avec les autres chacune épousant les qualités et les faiblesses de son président ?

La CENA version Adam Soulé Ibrahim aura été, par exemple, la moins bavarde. Mais elle est celle qui, a été la plus rapide à communiquer ses résultats, des résultats provisoires, il est vrai. Est-ce cela qui explique ceci ? Si oui, c’est-à-dire que si c’est le moins de bavardage qui explique et justifie le plus de rapidité dans la communication des résultats, on devrait alors en tirer enseignements et leçons pour les prochaines CENZ.

L’objectif, c’est de parvenir à établir un ensemble de procédés normalisés, afin de mettre en place un système cohérent pour l’organisation et la gestion des élections sur toute l’étendue du territoire national. Il y a au bout, cohérence ses structures, efficacité et fiabilité des structures et surtout confiance du citoyen-électeur en ces structures.

S’y prennent-ils autrement les pays que nous admirons et qui réussissent le tour de force d’organiser des élections et d’en donner les résultats quasiment le jour même ? Mieux, dans ces pays, des candidats battus, qui ont perdu les élections, s’avisent de reconnaître leur défaite et de féliciter leurs adversaires.

Ici, la réalité est tout autre : il y a encore trop de suspicion autour de nos élections, trop de grogne autour de l’organisation de celles-ci, trop de ratés dans la préparation, trop de flou dans les différentes opérations, trop de contestation autour des résultats, trop d’aigreur, trop d’insatisfaction, trop de frustrations, trop de rancœur une fois close la parenthèse électorale.

Tout se passe comme si chaque élection est une épreuve particulièrement dure et pénible pour l’ensemble de la nation.

En proposition idéale, une élection devrait servir de brouillon pour mieux organiser la suivante jusqu’à ce qu’on réussisse à présenter une copie propre, une copie sans tâche. Qu’il ne soit pas dit, en tout cas, que le Bénin que l’on tient pour le laboratoire de la démocratie en Afrique éprouve le plus grand mal à être autre chose qu’une porcherie électorale.

 
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