En
suspens…On ne change pas…
En
attendant de connaître avec précision les membres
de la Cour constitutionnelle nommés par le chef de l’Etat,
en attendant l’installation de l’auguste Cour, certainement
pour le lundi 7 juin 2003, on peut déjà constater,
si les informations reçues du côté du palais
s’avéraient vraies, que les deux institutions chargées
des nominations au sein de cette auguste Cour n’ont pas
voulu aller dans les changements. Du coté de l’Assemblée
nationale, tout est clair. Des quatre nommés à
savoir Jacques Mayaba, Clotilde Médégan-Nougbodé,
Conceptia Liliane Denis Ouinsou et le général
Jacques Pancrace Brathier, trois l’étaient déjà
par la même institution, il y a cinq ans. Il s’agit
des trois premiers cités. Quant au chef de l’Etat,
des informations concordantes font état du fait qu’il
a confirmé à leur poste Lucien Sèbo et
Idrissou Boukari ( qui a remplacé en 2000 le président
Hubert Maga décédé). Ainsi, seules deux
nouvelles personnalités feront leur entrée au
sein de la Cour constitutionnelle troisième mandature.
On peut, au regard de ces observations conclure que le chef
de l’Etat et le bureau de l’Assemblée nationale
ont voulu rester dans la logique de la continuité. Et
ce qui est remarquable, dans tout cela, c’est que parmi
les membres reconduits, il y en a deux qui étaient censés
avoir été proposés par l’opposition.
Ce qui était aisément compréhensible, dans
la mesure où à l’époque ( mai 1998),
le bureau de l’Assemblée nationale présidé
par Bruno Amoussou avait en son sein deux éminences de
la Rb à savoir Marcellin Dégbé ( Premier
vice-président) et Maxime Houédjissin (premier
guesteur ) et un responsable de l’union pour la démocratie
et la solidarité nationale (Uds) en l’occurrence
Djibril Mama Débourou (deuxième secrétaire
parlementaire). Aujourd’hui, deux partis constituent encore
l’essentiel de l’opposition parlementaire .
Et pourtant, les membres qu’ils avaient proposés
ou parrainés à l’époque viennent
d’être reconduits par actuel bureau qui ne comporte
en son sein aucun député de l’opposition.
C’est a priori une bonne chose qui tranche nettement avec
la situation de 1998 où 4 des 7 membres ont été
purement et simplement remerciés. A l’époque,
leurs tuteurs à savoir le président Adrien Houngbédji
( qui était au perchoir à leur nomination en 1991)
et le président Soglo( 1991-1996) n’étaient
plus aux commandes. Aujourd’hui, les situations ne sont
plus les mêmes. Si l’environnement politique de
1998 reste sensiblement le même que celui d’aujourd’hui,
l’Assemblée nationale a quand même eu le
mérité de reconduire des personnalités
dont les « parrains » ne sont plus en position de
force actuellement. C’est vrai que d ‘aucuns peuvent
trouver des explications pour justifier ceci ou cela. C’est
vrai que le système en place n’a pas du tout des
raisons de vouloir se passer des femmes et des hommes qui ont
siégé au sein de cette deuxième mandature
finissante.
Mais
il est aussi une réalité que, lorsqu’on
scrute l’univers de la mouvance, on peut retrouver des
personnalités peut-être serviables que celles-là
qui ont siégé à la Cour et qui viennent
d’être reconduites. C’est dire que, quelles
que soient les raisons qui pourraient expliquer le maintien
des personnalités encore éligibles de l’actuelle
Cour constitutionnelle, le chef de l’Etat et le bureau
de l’Assemblée nationale font leur la maxime selon
laquelle on ne change pas une équipe qui gagne….