TINTAMARRE
: FAGBOHOUN, LE FAISEUR DE ROI ?
Lorsque,
à quelques mois des élections législatives
de 1999, Séfou Fagbohoun, entouré de certain cadres
du Plateau, créa le Mouvement africain pour la démocratie
et le progrès-Madep- on était à mille lieues
de s’imaginer le poids politique du nouveau-né
à sa croissance sur l’échiquier national.
Au
lendemain des législatives de mars dernier, le Madep
étonne et émerveille, même ses plus irréductibles
détracteurs. De six députés dans la législature
sortante, le Madep récolte neuf sièges aux consultations
passées. Par ce score, la formation politique de Séfou
Fagbohoun entre dans la cour des grands, derrière la
Renaissance du Bénin et le Parti du Renouveau Démocratique,
si l’on exclut l’Union pour le Bénin du Futur.
Par ce score, le Madep devient incontournable, aussi bien au
palais des gouverneurs que dans la prochaine échéance
électorale, la présidentielle de 2006.
Cela, Houngbédji l’avait perçu. Et sans
avoir attendu les législatives de 2003, le leader du
Prd s’est-il rendu chez Fagbohoun, à effet d’instaurer
un nouveau climat de détente entre les deux partis. La
main tendue du président de l’Assemblée
nationale n’a point été rejetée.
Au contraire, depuis lors, le Madep et le Prd fument le calumet
de la paix. Cette opération de charme n’a dupé
que les sots. On y avait décelé déjà
les prémices d’une négociation en vue de
la présidentielle de 2006. Obnubilé par son ardent
désir de succéder à Mathieu Kérékou,
sentant le vent souffler de son côté, Houngbédji
se refuse désormais à s’enfermer dans son
cocon. Décidé à exploiter toutes les opportunités
possibles, à nouer les alliances les plus fofolles. Qu’importe
! La cible reste le palais de la Marina. Son rapprochement avec
Kérékou, jadis officieux, aujourd’hui officiel,
participe de l’offensive du Prd dans la réalisation
du rêve suprême. Pendant ce temps, les relations
entre Séfou Fagbohoun et Bruno Amoussou se sont considérablement
refroidies. Le pétrole est passé par là.
L’homme d’affaire avait exigé du ministre
d’Etat d’engager des mesures hardies contre la vente
du « Kpayo » sans succès. Fagbohoun s’était
alors fâché d’avec le ministre d’Etat.
Dérouté sans doute par l’activisme sans
borne de son plus sérieux adversaire à la course
présidentielle de 2006, Bruno Amoussou tente, lui aussi,
sa réconciliation avec le président du Madep.
L’élection du prochain locataire du palais de la
Marina passera-t-elle nécessairement par l’homme
au cœur du plateau ? Trop tôt pour l’avancer,
peut-être.