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Morceau choisi du 16 avril 2003  
 


Cartes sur table : Les parrains virtuels d’un rapprochement peu attendu

L’effacement brusque du fossé béant qui, en 1998, s’est creusé entre le président Mathieu Kérékou et son Premier ministre d’alors, Adrien Houngbédji, avec la démission fracassante de ce dernier du gouvernement, continue de susciter des commentaires.

Il est vrai, un réchauffement des relations politiques entre Mathieu Kérékou et Adrien Houngbédji était prévisible depuis quelques années déjà, en raison des velléités parfois « mouvancières » de Houngbédji.

L’ouverture du Parti du renouveau démocratique (Prd), le parti que préside Me Houngbédji, envers son rival de l’Ouémé-Plateau qu’est le Mouvement africain pour le développement et le progrès (Madep), à un moment donné, était un signe qui ne trompait pas, sur un revirement possible de l’opposant Houngbédji.

On s’attendait néanmoins peu à la volte-face suivie de déclaration des Tchoco-Tchoco, pour un saut pieds joints dans la mouvance. C’est le plus surprenant dans ce changement de position et de tempérament, qui tranche de manière spectaculaire avec la cassure intervenue entre Kérékou et Houngbédji, quelques années plus tôt. Une analyse, avec plus de recul, de la situation, permet d’affirmer que connaissant Adrien Houngbédji, le seul intérêt d’un soutien de la part de Mathieu Kérékou pour lui permettre enfin de gagner la présidentielle de 2006, ne pourrait justifier cette pirouette. Des raisons expliquant la décision peuvent provenir d’ailleurs.

Il n’existe nulle preuve tangible, pour corroborer le point de vue que nous prenons la responsabilité d’émettre ici. Mais, l’expérience peut servir de preuve à certains événements politiques.

L’absence de preuve, que des mains extérieures ont dû tisser la corde qui lie désormais Kérékou à Houngbédji n’est pas, tout de go, la preuve de l’absence. L’absence de preuve n’étant pas la preuve de l’absence, on peut admettre que des parrains de l’ombre pourraient être les artisans de ce rapprochement qui, dans ce cas, ne surprendrait plus.

Les premiers soupçons volent à six mille kilomètres de Cotonou, pour atterrir à Paris.

La France est-elle totalement étrangère à la brusque décision de Me Adrien Houngbédji de donner à nouveau la main au président Mathieu Kérékou ?

La question continuera de chercher sa réponse, du côté de Paris comme de Cotonou, en attendant que les faits confirment ou infirment les soupçons actuels.

 

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Les Echos du Jour n° 1636 du mercredi 16 avril 2003:Sébastien DOSSA
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