Cartes
sur table : Les parrains virtuels d’un rapprochement peu
attendu
L’effacement
brusque du fossé béant qui, en 1998, s’est
creusé entre le président Mathieu Kérékou
et son Premier ministre d’alors, Adrien Houngbédji,
avec la démission fracassante de ce dernier du gouvernement,
continue de susciter des commentaires.
Il est vrai, un réchauffement des relations politiques
entre Mathieu Kérékou et Adrien Houngbédji
était prévisible depuis quelques années
déjà, en raison des velléités parfois
« mouvancières » de Houngbédji.
L’ouverture du Parti du renouveau démocratique
(Prd), le parti que préside Me Houngbédji, envers
son rival de l’Ouémé-Plateau qu’est
le Mouvement africain pour le développement et le progrès
(Madep), à un moment donné, était un signe
qui ne trompait pas, sur un revirement possible de l’opposant
Houngbédji.
On s’attendait néanmoins peu à la volte-face
suivie de déclaration des Tchoco-Tchoco, pour un saut
pieds joints dans la mouvance. C’est le plus surprenant
dans ce changement de position et de tempérament, qui
tranche de manière spectaculaire avec la cassure intervenue
entre Kérékou et Houngbédji, quelques années
plus tôt. Une analyse, avec plus de recul, de la situation,
permet d’affirmer que connaissant Adrien Houngbédji,
le seul intérêt d’un soutien de la part de
Mathieu Kérékou pour lui permettre enfin de gagner
la présidentielle de 2006, ne pourrait justifier cette
pirouette. Des raisons expliquant la décision peuvent
provenir d’ailleurs.
Il n’existe nulle preuve tangible, pour corroborer le
point de vue que nous prenons la responsabilité d’émettre
ici. Mais, l’expérience peut servir de preuve à
certains événements politiques.
L’absence de preuve, que des mains extérieures
ont dû tisser la corde qui lie désormais Kérékou
à Houngbédji n’est pas, tout de go, la preuve
de l’absence. L’absence de preuve n’étant
pas la preuve de l’absence, on peut admettre que des parrains
de l’ombre pourraient être les artisans de ce rapprochement
qui, dans ce cas, ne surprendrait plus.
Les premiers soupçons volent à six mille kilomètres
de Cotonou, pour atterrir à Paris.
La France est-elle totalement étrangère à
la brusque décision de Me Adrien Houngbédji de
donner à nouveau la main au président Mathieu
Kérékou ?
La question continuera de chercher sa réponse, du côté
de Paris comme de Cotonou, en attendant que les faits confirment
ou infirment les soupçons actuels.