ASSEMBLEE
NATIONALE : De vives tensions en perspective ce jour .
Les
honorables députés de la quatrième législature
se retrouvent une fois encore pour tenter de poursuivre l’élection
des deux vice-présidents, des deux questeurs et des deux
secrétaires parlementaires devant diriger pour les quatre
années à venir l’Assemblée nationale.
Mais au vu du dialogue de sourd qui a prévalu lors des
deux dernières plénières entre la doyenne
d’âge et les députés proches de la
mouvance au pouvoir au sujet de concéder une place au
moins aux partis de l’opposition, il ne serait pas exagéré
de prédire que la rencontre de ce matin pourrait tourner
au vinaigre. De chaudes empoignades, des affrontements verbaux,
des injures et des propos à la limite acerbes émailleront
les débats de ce matin.
En effet, Rosine Soglo, en sa qualité de la présidente
du bureau d’âge, avait reporté deux fois
de suite la poursuite de l’élection des membres
du bureau de l’institution. Ce qui n’était
pas du goût de ces collègues de la majorité
présidentielle. Ceux-ci ne tarderont pas à lui
en vouloir chaque fois qu’elle renvoie sans crier gare
cette élection. Des réactions vives comme «
Rosine Soglo se fout de nous ; elle nous prend pour des enfants
? » se font souvent entendre au sein de l’hémicycle.
Ces réactions ne devraient en principe nous étonner
guère, lorsqu’on sait que parmi ces honorables,
il y a des personnalités de grandes renommée,
en l’occurrence des ministres, des anciens présidents
de cette même institution comme Adrien Houngbédji
et Bruno Amoussou.
Ce
qui est clair est que si aujourd’hui encore la dame de
fer de la Rb, présidente du bureau d’âge
Rosine Soglo revient à l’issue de cette plénière
avec sa même chanson « Quel poste vous donnez à
l’opposition au sein du bureau, et reporte une fois encore
l’élection, les députés de la mouvance
sortiront de leur gong; ils lui déclareront ouvertement
la guerre. Ce qui viciera l’atmosphère qui est
déjà tendue. Certains députés qui
disent en avoir le ras-le-bol du caprice de la doyenne d’âge.
Dans échauffourées, de chaudes empoignades et
tensions sont à entrevoir.
Mais
en réalité, ne nous voilons pas la face. Le combat
de Rosine Soglo est bien légitime et fondé. Pour
cela, elle doit être en principe écoutée
par ses collègues.
Si
elle soutient mordicus que la mouvance concède une place
aux partis de l’opposition, bien que cette mouvance ait
dans sa gibecière 64 députés, c’est
tout simplement pour qu’à l’avenir lorsqu’un
parti politique aura à lui seule la majorité absolue
il n’en abuse pas lors de l’élection du bureau
des prochaines législatures. Son combat est qu’on
évite, en vertu de l’article 15 2b du règlement
intérieur, tout bureau monolithique.
Il
serait génital que les honorables députés
de la mouvance révisent leur position en lâchant
au moins un seul poste à l’opposition afin que
la machine de l’Assemblée nationale tourne.