MEDECIN
APRES LA MORT.
En
faisant un retour en arrière par rapport à la
tragédie du samedi dernier (le concert de Koffi Olomidé),
il serait normal pour tout le monde que les autorités
béninoises ont toujours joué au médecin
après la mort.
En effet, au lieu de prévenir les évènements,
elles attendent que le pire se produise avant de prendre leurs
responsabilités. Et même sur ce plan, rares sont
ceux parmi eux qui prennent la courageuse décision de
démissionner suite à de pareils incidents. En
vérité, le terme démission n’existe
pas dans le lexique des autorités béninoises.
Qu’attend le ministre de la Jeunesse, des sports et loisirs,
Valentin Aditi Houdé, pour limoger le directeur d l’Office
de gestion du stade de l’Amitié, quitte à
démissionner lui-même après.
Mais revenons au sujet proprement dit. Etant responsables de
la sécurité des spectateurs au même titre
que les organisateurs du spectacle de la mort, les autorités
béninoises se devaient de prendre très au sérieux
une telle manifestation. S’enquérir du nombre de
spectateurs par rapport aux billets vendus et assurer la sécurité
en se référant au proverbe : fais ce que dois,
advienne que pourra. Il y a environ 20 ans, sur ce même
stade de l’Amitié, un drame est survenu lors du
légendaire match entre les Dragons de l’Ouémé
et les Canons de Yaoundé. Depuis ce temps, et eu égard
à l’incident, les autorités n’ont
plus pensé à un pareil événement
en prévoyant les mesures à prendre, chaque fois
que le débordement doit se révéler. Notre
pays étant semblable à la Cour du roi Pétaud,
chacun y va comme il entend. C’est cela qui est à
l’origine du drame du samedi dernier.
Maintenant
que le pire est arrivé et que l’irréparable
est fait, les messages de condoléances, d’angoisse,
de tristesse et de désolation fusent de toutes parts.
C’est maintenant qu’il est tard qu’on veut
chercher à situer les responsabilités alors que
des dispositions pratiques auraient pu être prises pour
éviter le drame . Quand les autorités et les organisateurs
du spectacle cafouillaient, les premiers à autoriser
ou à interdire et les seconds à supplier pour
que le concert ait effectivement lieu, ils pouvaient déjà,
en ce moment, imaginé ce qui adviendra.
Ces messages de condoléances fussent-ils les plus attristants
et les plus éloquents ne pourront jamais faire oublier
le drame. Cela s’appelle médecin après la
mort.