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Morceau choisi du 06 Mai 2003  
 


MEDECIN APRES LA MORT.

En faisant un retour en arrière par rapport à la tragédie du samedi dernier (le concert de Koffi Olomidé), il serait normal pour tout le monde que les autorités béninoises ont toujours joué au médecin après la mort.

En effet, au lieu de prévenir les évènements, elles attendent que le pire se produise avant de prendre leurs responsabilités. Et même sur ce plan, rares sont ceux parmi eux qui prennent la courageuse décision de démissionner suite à de pareils incidents. En vérité, le terme démission n’existe pas dans le lexique des autorités béninoises. Qu’attend le ministre de la Jeunesse, des sports et loisirs, Valentin Aditi Houdé, pour limoger le directeur d l’Office de gestion du stade de l’Amitié, quitte à démissionner lui-même après.

Mais revenons au sujet proprement dit. Etant responsables de la sécurité des spectateurs au même titre que les organisateurs du spectacle de la mort, les autorités béninoises se devaient de prendre très au sérieux une telle manifestation. S’enquérir du nombre de spectateurs par rapport aux billets vendus et assurer la sécurité en se référant au proverbe : fais ce que dois, advienne que pourra. Il y a environ 20 ans, sur ce même stade de l’Amitié, un drame est survenu lors du légendaire match entre les Dragons de l’Ouémé et les Canons de Yaoundé. Depuis ce temps, et eu égard à l’incident, les autorités n’ont plus pensé à un pareil événement en prévoyant les mesures à prendre, chaque fois que le débordement doit se révéler. Notre pays étant semblable à la Cour du roi Pétaud, chacun y va comme il entend. C’est cela qui est à l’origine du drame du samedi dernier.

Maintenant que le pire est arrivé et que l’irréparable est fait, les messages de condoléances, d’angoisse, de tristesse et de désolation fusent de toutes parts. C’est maintenant qu’il est tard qu’on veut chercher à situer les responsabilités alors que des dispositions pratiques auraient pu être prises pour éviter le drame . Quand les autorités et les organisateurs du spectacle cafouillaient, les premiers à autoriser ou à interdire et les seconds à supplier pour que le concert ait effectivement lieu, ils pouvaient déjà, en ce moment, imaginé ce qui adviendra.

Ces messages de condoléances fussent-ils les plus attristants et les plus éloquents ne pourront jamais faire oublier le drame. Cela s’appelle médecin après la mort.

 

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Dunya-Info n° 087 du mardi 6 mai 2003:FOO JOE.
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