Accueil | Site du gouvernement |Galerie photo|Nous écrire
CDSI
 
INSTITUTIONS
Cour Constitutionnelle
HAAC
Assemblée Nationale
 
 
 
 
 
 
 
LIENS UTILES
Le Républicain
Le Progrès
Le Point
Fraternité
L'araignée
Le Matinal
Les Echos du jour
 

 
Edition du Vendredi 30 Mai 2003
   
Actualités  
 


Prochain gouvernement : Difficile cohabitation entre Amousou et Houngbédji.

Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou : voilà deux leaders politiques toujours présents aux élections présidentielles depuis l’avènement de la démocratie au Bénin qui lorgnent le Palais de la Marina en 2006. Chacun d’eux fait désormais ses calculs et ses plans pour la succession au Chef de l’Etat Mathieu Kérékou, surtout que ce dernier sera hors course en 2006, selon la loi, et c’est le moment ou jamais de rejoindre la Marina. Mais les voilà confirmés et annoncés ministres d’Etat dans le prochain gouvernement de Mathieu Kérékou qui tarde à être formé. Leurs ambitions rendront difficile leur cohabitation dans ce gouvernement.

On connaît, sauf changement, les départements des trois ministres d’Etat du prochain gouvernement. Adrien Houngbédji ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères, de l’intégration africaine et du Nepad ; Bruno Amoussou : ministre d’Etat charge du plan et du développement, et Pierre Osho : ministre d’Etat chargé de la défense nationale. Adrien Houngbédji est le nouveau dans cette cour des grands. Bruno Amoussou avec la récente et écrasante victoire de l’Ubf qu’il a coordonnée lors des municipales et des législatives, a cru devoir bénéficier désormais de toutes les bénédictions du chef de l’Etat pour baliser le chemin qui le conduira à la Marina en 2006. Mais le voilà amputé du volet coordination de l’action gouvernementale, lequel volet lui a permis d’avoir un poids dans ce gouvernement qu’il a alors dirigé avec succès malgré quelques coquilles. Pire, il fera route avec : Adrien Houngbédji. C’est sans compter avec le chef de l’Etat Mathieu Kérekou qui, dès son élection en 2001, a reçu les félicitations de celui qui l’a pourtant quitté et vomi en 1998 alors qu’il ( Houngbédji ) était premier ministre chargé de la coordination de l’action gouvernementale. Après 2001, malgré que Houngbédji était dans l’opposition, Kérékou l’a soutenu à la présidence de l’ Acp-Ue. Que de rencontres n’ont-ils pas eues ! Après les législatives, Kérekou accepte Houngbédji. Ce dernier a été reçu, samedi dernier à la présidence, au même titre que les chefs de partis soutenant l’action du gouvernement de Kérékou. C’était dans le cadre des consultations devant aboutir à la formation du gouvernement. Un gouvernement dans lequel se trouvent chien et chat.

Kérékou, un Chef qui sait diviser pour régner

L’ acceptation de Houngbédji témoigne du fait que Kérékou aime tous ceux qui lui soutiennent. Et, comme le dit l’adage, « un bon chef, c’est celui qui sait diviser pour régner ». Dans la peau de « l’enfant prodigue » , Houngbédji revient à la bergerie ( histoire de Bible ). Vraisemblablement, contre le gré de l’enfant qui, resté avec son père après avoir réalisé toutes les œuvres de celui-ci, se voit contraint de partager le festin avec son frère qui a abandonné la maison pour une aventure infructueuse. Houngbédji et Amoussou sont désormais obligés de cohabiter. D’aucuns pensent que le cas de 1998 resurgirait. Erreur, puisque ni le « Renard de Dakotomey », ni « Hagbè » n’ont plus rien à coordonner au sein de ce gouvernement. La confiance que chacun d’eux bénéficiera de Kérekou sera un atout particulier. Et on se demande qui de Amoussou ou de Houngbédji aura cette bénédiction ? Difficile de répondre ; le chef de l’Etat étant un homme imprévisible. Et dès lors que l’Ubf est désormais réduite à Amoussou et Akindès suite au mécontentement de onze partis du « Front des partis pour l’unité » ( Fpu ), on voit Amoussou dans de beaux draps. Un antagonisme né des intérêts divergents des uns et des autres à l’approche du remaniement ministériel. Le seul qui pourrait profiter de cette divergence est Houngbédji qui, de ce fait, devient un ennemi à abattre de Amoussou. Et sait-on jamais un troisième larron qui sortira probablement du Plateau avec la bénédiction du président de son parti.

>>haut

Matin n° 2577 du 30 mai 2003:Edgard COUAO-ZOTTI.
 
© 2003 CDSI tout droits réservés