Prochain
gouvernement : Difficile cohabitation entre Amousou et Houngbédji.
Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou : voilà deux
leaders politiques toujours présents aux élections
présidentielles depuis l’avènement de la démocratie
au Bénin qui lorgnent le Palais de la Marina en 2006. Chacun
d’eux fait désormais ses calculs et ses plans pour
la succession au Chef de l’Etat Mathieu Kérékou,
surtout que ce dernier sera hors course en 2006, selon la loi,
et c’est le moment ou jamais de rejoindre la Marina. Mais
les voilà confirmés et annoncés ministres
d’Etat dans le prochain gouvernement de Mathieu Kérékou
qui tarde à être formé. Leurs ambitions rendront
difficile leur cohabitation dans ce gouvernement.
On
connaît, sauf changement, les départements des trois
ministres d’Etat du prochain gouvernement. Adrien Houngbédji
ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères,
de l’intégration africaine et du Nepad ; Bruno Amoussou
: ministre d’Etat charge du plan et du développement,
et Pierre Osho : ministre d’Etat chargé de la défense
nationale. Adrien Houngbédji est le nouveau dans cette
cour des grands. Bruno Amoussou avec la récente et écrasante
victoire de l’Ubf qu’il a coordonnée lors des
municipales et des législatives, a cru devoir bénéficier
désormais de toutes les bénédictions du chef
de l’Etat pour baliser le chemin qui le conduira à
la Marina en 2006. Mais le voilà amputé du volet
coordination de l’action gouvernementale, lequel volet lui
a permis d’avoir un poids dans ce gouvernement qu’il
a alors dirigé avec succès malgré quelques
coquilles. Pire, il fera route avec : Adrien Houngbédji.
C’est sans compter avec le chef de l’Etat Mathieu
Kérekou qui, dès son élection en 2001, a
reçu les félicitations de celui qui l’a pourtant
quitté et vomi en 1998 alors qu’il ( Houngbédji
) était premier ministre chargé de la coordination
de l’action gouvernementale. Après 2001, malgré
que Houngbédji était dans l’opposition, Kérékou
l’a soutenu à la présidence de l’ Acp-Ue.
Que de rencontres n’ont-ils pas eues ! Après les
législatives, Kérekou accepte Houngbédji.
Ce dernier a été reçu, samedi dernier à
la présidence, au même titre que les chefs de partis
soutenant l’action du gouvernement de Kérékou.
C’était dans le cadre des consultations devant aboutir
à la formation du gouvernement. Un gouvernement dans lequel
se trouvent chien et chat.
Kérékou,
un Chef qui sait diviser pour régner
L’
acceptation de Houngbédji témoigne du fait que Kérékou
aime tous ceux qui lui soutiennent. Et, comme le dit l’adage,
« un bon chef, c’est celui qui sait diviser pour régner
». Dans la peau de « l’enfant prodigue »
, Houngbédji revient à la bergerie ( histoire de
Bible ). Vraisemblablement, contre le gré de l’enfant
qui, resté avec son père après avoir réalisé
toutes les œuvres de celui-ci, se voit contraint de partager
le festin avec son frère qui a abandonné la maison
pour une aventure infructueuse. Houngbédji et Amoussou
sont désormais obligés de cohabiter. D’aucuns
pensent que le cas de 1998 resurgirait. Erreur, puisque ni le
« Renard de Dakotomey », ni « Hagbè »
n’ont plus rien à coordonner au sein de ce gouvernement.
La confiance que chacun d’eux bénéficiera
de Kérekou sera un atout particulier. Et on se demande
qui de Amoussou ou de Houngbédji aura cette bénédiction
? Difficile de répondre ; le chef de l’Etat étant
un homme imprévisible. Et dès lors que l’Ubf
est désormais réduite à Amoussou et Akindès
suite au mécontentement de onze partis du « Front
des partis pour l’unité » ( Fpu ), on voit
Amoussou dans de beaux draps. Un antagonisme né des intérêts
divergents des uns et des autres à l’approche du
remaniement ministériel. Le seul qui pourrait profiter
de cette divergence est Houngbédji qui, de ce fait, devient
un ennemi à abattre de Amoussou. Et sait-on jamais un troisième
larron qui sortira probablement du Plateau avec la bénédiction
du président de son parti.
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