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Edition du mercredi 28 Mai 2003
   
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REMANIEMENT MINISTERIEL :La fausse querelle .

L’entrée de Houngbédji dans le gouvernement gênerait-elle vos intérêts ?

Ainsi, à en croire certaines indiscrétions, le torchon brûle entre Bruno Amoussou, Pierre Osho et Adrien Houngbédji. Les deux premiers ne voyant pas d’un bon oeil l’arrivée probable du troisième dans le gouvernement en gestation.

Passe encore pour le ministre d’Etat Bruno Amoussou qui, en raison de sa gestion politicienne et désastreuse de la victoire des législatives, a réussi le tour de force de faire perdre le perchoir à l’Ubf. Les Akindès et autres Sacca Kina ne sont pas prêts à pardonner cette trahison sournoise. Et déjà, le ton monte au sein de l’Ubf que le « dadjè » rêvait d’en faire un tremplin pour l’échéance de 2006, mais qui n’aura vécu que le temps d’une élection. Et puis, il y a ce séjour controversé de deux ans à la tête du super ministère d’Etat, et dont tout le monde réclame un bilan qui se fait toujours attendre. Au regard de ce qui précède, on peut comprendre que Bruno Amoussou qui n’est plus vraiment en odeur de sainteté auprès du chef de l’Etat ait des raisons sérieuses de craindre l’arrivée au gouvernement d’un Adrien Houngbédji qui pourrait lui faire de l’ombre.

En revanche, les appréhensions réelles ou supposées de Pierre Osho paraissent pour le moins curieuses et même fantaisistes. En effet, à l’opposé de Bruno Amoussou, le ministre de la Défense n’est pas issu d’un état-major politique. Il doit son ascension politique aux relations personnelles qu’il a toujours entretenues avec le président Kérékou dont il est un fidèle parmi les fidèles. On voit donc mal comment l’arrivée du président du Prd dans le gouvernement, même en qualité de ministre d’Etat, pourrait remettre en cause la confiance dont jouit le ministre de la Défense auprès du chef de l’Etat.

Les raisons de la fébrilité observée chez certains barons de la mouvance présidentielle sont donc à chercher ailleurs, en particulier à deux niveaux.

D’abord, l’annonce du ralliement du Prd à la mouvance présidentielle a surpris l’ensemble de la classe politique béninoise. Pas plus la mouvance présidentielle que l’opposition n’avaient prévu ce cas de figure dans les stratégies de gestion des trois années qui nous séparent de la présidentielle de 2006 qui demeure le véritable enjeu. L’effet de surprise passé, ce fut la panique ; ceci explique entre autres les louvoiements du coordonnateur de l’Ubf qui, malgré les instructions du chef de l’Etat, a réussi par des manœuvres dilatoires, à priver la coalition présidentielle du perchoir, tout en refusant d’associer le Prd aux négociations qui ont précédé l’élection du bureau de l’Assemblée nationale.

Ensuite, et à l’évidence la personnalité du président du Prd ne laisse pas indifférent, même ses adversaires les plus irréductibles. Malgré ses divergences de vue politique avec le président Kérékou lors de son rocambolesque passage à la primature, on dit que sa gestion reste incontestablement l’une des plus transparentes et des plus saines de l’ère démocratique. L’intégrité et la bonne gouvernance étant les valeurs les moins partagées par la classe politique béninoise, on comprend alors le réflexe primaire d’auto-défense de ceux-là qui craignent que l’entrée au gouvernement d’un troisième larron gênant ne devienne le détonateur qui mette à nu les carences accumulées depuis deux ans dans les ministères pompeusement baptisés d’Etat pour les besoins d’une cause en voie de perdition .

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Les Echos du Jour n° 1663 du mercredi 28 mai 2003:Maurice CHABI.
 
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