Mis en place du bureau de l’assemblée
nationale : Les petits calculs d’Amoussou .
(il
a passé outre les instructions du chef de l’Etat).
Considérée, à tord ou à raison, comme
la première force politique du pays au lendemain des élections
législatives, l’Union pour le Bénin du Futur
(Ubf) vient de montrer ses limites. Elle a perdu la présidence
de l’Assemblée nationale au profit du Madep de Séfou
Fagbohoun. Les petits calculs politiques du ministre d’Etat
en sont les principales causes.
«
Amoussou ne pense qu’à ses intérêts
personnels », a laissé entendre un baron de la mouvance
présidentielle, visiblement déçu par l’élection
de Idji Kolawolé au poste de président de l’Assemblée
nationale. C’est vrai qu’avec 31 députés,
l’Ubf devait logiquement avoir le perchoir de l’assemblée
nationale. La pluralité des candidatures en son sein n’explique
pas forcément ce qui est arrivé.
Rappelons que trois candidats Ubf étaient en lice : Akindès
Adékpédjou, Kamarou Fassassi et Jérôme
Saca Kina. Il n’a pas été possible jusqu’à
la dernière minute de dégager un candidat de consensus.
Face à cette triste situation, et pour éviter la
débâcle de l’Ubf, le chef de l’Etat a
écrit au ministre d’Etat, Bruno Amoussou, pour lui
demander de se porter candidat au poste de président de
l’Assemblée nationale.
Cette candidature aurait un double avantage : I – permettre
à l’Ubf de gagner la présidence de l’Assemblée
nationale 2 – Maintenir la cohésion du groupe dans
la mesure ni Akindès ni Kamarou ni Saca Kina ne seraient
frustrés. Face à une proposition aussi raisonnable
de la part du chef de l’Etat, Bruno Amoussou a opposé
un refus catégoriquement. En réponse à la
lettre du vieux, le premier ses ministres a refusé d’être
candidat au poste de président de l’Assemblée
nationale. Apparemment, il trouve l gouvernement plus rentable
que le parlement.
Pour sauvegarder la cohésion de l’Ubf, ne serait-ce
qu’aux yeux de l’opinion publique, Idji Kolawolé
du Madep a été proposé comme candidat de
la majorité présidentielle. C’est lui qui
a fini par être élu président de l’Assemblée
nationale. Même si Idji Kolawolé est un moindre mal
pour l’Ubf, il n’en demeure pas moins que ce regroupement
politique a subi un triste revers dû à son chef qui
ne respire que par sa présence au sein du gouvern,ement.
Un revers qui rappelle curieusement celui de 1999 où Bruno
Amoussou était déjà au cœur des tractations
qui ont fait perdre le perchoir à la majorité présidentielle.
Le
masque est tombé
En
1999, la majorité présidentielle a perdu la présidence
de l’Assemblée nationale parce que Bruno Amoussou
refusait de laisser le poste de premier vice président
à l’alliance étoile. Cette dernière
s’est donc ralliée à l’opposition et,
du coup, le vote a basculé en défaveur de la majorité
qui soutenait le président Kérékou. Bruno
Amoussou a réussi cependant à tirer son épingle
du jeu puisqu’il est devenu ministre d’Etat. Avec
le recul, il y a lieu de croire qu’il a organisé
son propre échec en 1999 dans le but d’obliger le
chef de l’Etat à le nommer ministre d’Etat.
Si non, comment comprendre qu’il ait refusé de donner
la première vice présidence à l’alliance
étoile en 1999, alors qu’il sait pertinemment que
sans ce groupe politique, il ne pouvait pas être élu
président de l’Assemblée nationale.
A situation différente, stratégie différente.
Pour conserver sa place de ministre d’Etat, Bruno Amoussou
a renoncé cette fois-ci à être candidat. L’Ubf
a perdu, certes, mais son chef espère de son côté
s’en tirer à bon compte. Exactement comme en 1999.
pour que l’homme de Djakotomey s’accroche si tant
à son poste ministériel, il faut bien qu’il
y trouve quelque chose de spécial. Mais quoi ?.
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