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Edition du Lundi 28 Avril 2003
   
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Mis en place du bureau de l’assemblée nationale : Les petits calculs d’Amoussou .

(il a passé outre les instructions du chef de l’Etat). Considérée, à tord ou à raison, comme la première force politique du pays au lendemain des élections législatives, l’Union pour le Bénin du Futur (Ubf) vient de montrer ses limites. Elle a perdu la présidence de l’Assemblée nationale au profit du Madep de Séfou Fagbohoun. Les petits calculs politiques du ministre d’Etat en sont les principales causes.

« Amoussou ne pense qu’à ses intérêts personnels », a laissé entendre un baron de la mouvance présidentielle, visiblement déçu par l’élection de Idji Kolawolé au poste de président de l’Assemblée nationale. C’est vrai qu’avec 31 députés, l’Ubf devait logiquement avoir le perchoir de l’assemblée nationale. La pluralité des candidatures en son sein n’explique pas forcément ce qui est arrivé.

Rappelons que trois candidats Ubf étaient en lice : Akindès Adékpédjou, Kamarou Fassassi et Jérôme Saca Kina. Il n’a pas été possible jusqu’à la dernière minute de dégager un candidat de consensus. Face à cette triste situation, et pour éviter la débâcle de l’Ubf, le chef de l’Etat a écrit au ministre d’Etat, Bruno Amoussou, pour lui demander de se porter candidat au poste de président de l’Assemblée nationale.

Cette candidature aurait un double avantage : I – permettre à l’Ubf de gagner la présidence de l’Assemblée nationale 2 – Maintenir la cohésion du groupe dans la mesure ni Akindès ni Kamarou ni Saca Kina ne seraient frustrés. Face à une proposition aussi raisonnable de la part du chef de l’Etat, Bruno Amoussou a opposé un refus catégoriquement. En réponse à la lettre du vieux, le premier ses ministres a refusé d’être candidat au poste de président de l’Assemblée nationale. Apparemment, il trouve l gouvernement plus rentable que le parlement.

Pour sauvegarder la cohésion de l’Ubf, ne serait-ce qu’aux yeux de l’opinion publique, Idji Kolawolé du Madep a été proposé comme candidat de la majorité présidentielle. C’est lui qui a fini par être élu président de l’Assemblée nationale. Même si Idji Kolawolé est un moindre mal pour l’Ubf, il n’en demeure pas moins que ce regroupement politique a subi un triste revers dû à son chef qui ne respire que par sa présence au sein du gouvern,ement. Un revers qui rappelle curieusement celui de 1999 où Bruno Amoussou était déjà au cœur des tractations qui ont fait perdre le perchoir à la majorité présidentielle.

Le masque est tombé

En 1999, la majorité présidentielle a perdu la présidence de l’Assemblée nationale parce que Bruno Amoussou refusait de laisser le poste de premier vice président à l’alliance étoile. Cette dernière s’est donc ralliée à l’opposition et, du coup, le vote a basculé en défaveur de la majorité qui soutenait le président Kérékou. Bruno Amoussou a réussi cependant à tirer son épingle du jeu puisqu’il est devenu ministre d’Etat. Avec le recul, il y a lieu de croire qu’il a organisé son propre échec en 1999 dans le but d’obliger le chef de l’Etat à le nommer ministre d’Etat. Si non, comment comprendre qu’il ait refusé de donner la première vice présidence à l’alliance étoile en 1999, alors qu’il sait pertinemment que sans ce groupe politique, il ne pouvait pas être élu président de l’Assemblée nationale.

A situation différente, stratégie différente. Pour conserver sa place de ministre d’Etat, Bruno Amoussou a renoncé cette fois-ci à être candidat. L’Ubf a perdu, certes, mais son chef espère de son côté s’en tirer à bon compte. Exactement comme en 1999. pour que l’homme de Djakotomey s’accroche si tant à son poste ministériel, il faut bien qu’il y trouve quelque chose de spécial. Mais quoi ?.

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L’Aurore n° 985 du lundi 28 avril 2003:Patrick ADJAMONSI.
 
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