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Edition du mardi 27 Mai 2003
   
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TRACTATIONS POUR LA FORMATION DU GOUVERNEMENT : Le devoir de souvenir du général Kérékou.

L’imminence de la formation du prochain gouvernement donne la voix au chapitre à toutes formes de commentaire. Les arguments en faveur du maintien de tel ou tel ministre ainsi que les raisons qui sous-tendent le départ de tel ou tel autre sont développés et distillés dans l’opinion publique. Seulement dans ce remue-ménage, le chef de l’Etat doit savoir raison gardée et ne pas céder au jeu calculateur des politiciens.

Les préparatifs pour sortir la nouvelle équipe gouvernementale vont bon train. Tout le monde s’affaire y compris le chef de l’Etat, le seul constitutionnellement investi pour agir dans le cas d’espèce.

Mais tel un stratège, le général Mathieu Kérékou s’emploie à peaufiner ses stratégies pour livrer à l’opinion publique nationale et internationale, la deuxième équipe de son dernier quinquennat. Un exercice qui, selon des sources bien informées, embarrasse le général président. Cette situation a d’ailleurs contraint l’homme à s’entourer de beaucoup de précautions pour ne rien laisser filtrer de ses intentions.

S’il est vrai que plusieurs précautions valent mieux qu’une, il n’en demeure pas moins vrai que le président Kérékou devra redoubler de vigilance pour ne pas se faire avoir des politiciens d’acabit pervers, plusieurs raisons fondent cette vigilance que le chef de l’Etat se doit d’avoir. Primo, tout le monde s’accorde à reconnaître que le général Mathieu Kérékou amorce selon la Constitution du 11décembre 1990 son dernier quinquennat. Du coup, 2006 devient la destination finale. Echéance au cours de laquelle, le président Mathieu Kérékou devra rendre compte au peuple. De cette hypothèse découle une autre raison, celle qui impose au général un devoir de regard. En effet, la gestion du pouvoir d’Etat est un exercice délicat de sorte qu’il requière du doigté et de la vigilance. Toutes ces qualités ne doivent en aucun cas déserter le forum. Et la veille d’un remaniement ministériel paraît l’occasion rêvée pour certains politiciens avertis et calculateurs de séduire la personne en charge du renouvellement de l’équipe.

Le président Mathieu Kérékou, homme rompu aux rouages et sérails politiques au Bénin ne devra pas se lisser aller aux apparences trompeuses que miroitent les politiciens calculateurs. Les défis toujours présents du développement, la misère de plus en plus grandissante de la majorité du peuple et l’avenir quasi-incertain de la jeunesse béninoise doivent préoccuper le général et le raisonner à rompre les amarres avec les politiciens calculateurs qui n’ont pour objectif que de satisfaire leurs intérêts égoïstes. Le remaniement est certes imminent. Mais cela ne doit en aucun cas faire perdre au chef de l’Etat le sens du pacte qu’il a signé en mars 2001 lorsque le peuple lui accordait sa confiance. Cela paraît capital et nécessaire d’être rappelé .

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Le Point au Quotidien n° 1368 du mardi 27 mai 2003:Moudachirou SOUDEROU.
 
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