Retour du Prd à la mouvance
: Kérékou accepte Me Houngbédji.
Reçu
par le président de la République, samedi dernier,
comme tous les chefs de partis de la mouvance ayant obtenu au
moins un député lors des dernières législatives,
le Président du Parti du renouveau démocratique
(Prd) peut aujourd’hui se considérer comme accepté
au sein de la grande famille présidentielle par le chef
de cette famille suite à sa déclaration d’allégeance
du 9 avril dernier.
Entrera
ou n’entrera pas au gouvernement ? Et qu’en sera-t-il
du sort du président du Parti du renouveau démocratique,
Me Adrien Houngbédji ? L’intéressé,
le 9 avril dernier, lors de sa déclaration de soutien à
l’action du président Kérékou durant
la nouvelle législature qui commençait n’a
pas manqué de répondre à la question en ces
termes : « Notre soutien déclaré à
l’action du président de la République ne
constitue donc pas un fait véritablement nouveau, mais
la suite logique d’une série d’actes et de
comportements, qui s’étalent sur deux ans et qui
ont permis une collaboration implicite et tacite dans l’intérêt
supérieur du Bénin.
Cela débouchera-t-il sur l’entrée du Prd au
gouvernement ? Je ne suis pas en mesure de vous répondre,
car en la matière, c’est le chef de l’Etat
qui propose, qui apprécie et qui décide ».
Autrement dit, le Prd n’attendait que la réaction
du président de la République à la nouvelle
orientation du parti. Aujourd’hui, si on n’est pas
toujours en mesure d’affirmer si le Prd entrera ou non au
gouvernement, on peut néanmoins déduire que le président
Kérékou donne acte du retour à la mouvance
du Prd à Me Adrien Houngbédji. L’élément
d’appréciation sur lequel se fonde cette affirmation
est la rencontre, samedi dernier, entre la délégation
du Prd (composée de son président Me Houngbédji
accompagné d’un membre du Bureau directeur en l’occurrence
Isamël Tidjani Serpos) et le chef de l’Etat. Cette
rencontre entrait dans le cadre de l’entretien que le président
de la République a décidé d’avoir avec
les partis représentés au Parlement et soutenant
son action. En conviant le Prd au « tête-à-tête,
le président Kérékou démontre qu’il
reconnaît le Prd comme un parti appartenant à sa
mouvance. Il s’agit là d’une reconnaissance
pleine de sens. Et pour cause.
D’abord, elle doit mettre fin aux tergiversations constatées
au niveau des autres composantes de la majorité présidentielle
qui, longtemps, ont traîné les pas à accepter
le retour du Prd au sein de la grande famille. A partir du moment
où le parti reçoit l’onction présidentielle,
il n’appartient plus à quiconque de le rejeter. Désormais,
le Prd est une composante de la mouvance comme toutes les autres
et nul ne saurait choisir de le reconnaître ou de l’ignorer.
Le chef de l’Etat met donc ainsi fin à plus d’un
mois de sentiment de méfiance à l’égard
du Prd notamment de la part de l’Ubf dont les responsables
ont systématiquement écarté le parti des
diverses concertations initiées depuis la fin des législatives.
Désormais, c’est de droit que le Prd interviendra
dans les réunions de la mouvance, et ceci, grâce
à l’accord manifesté par le chef de l’Etat
à la décision du parti de soutenir ses actions pour
la législature qui vient de commencer.
Ensuite, la rencontre chef de l’Etat-délégation
du Prd annonce la probabilité d’une entrée
du Prd au gouvernement. Il ne s’agit évidemment que
d’une probabilité. Mais pour les responsables du
parti, c’est déjà un pas qui est fait dans
leur démarche de réintégration des institutions
de la République, car ce qui est d’ores et déjà
sûr, c’est que le chef de l’Etat considère
le Prd comme un partenaire. S’il reste que c’est le
chef de l’Etat qui décidera de la suite, un pas important
vient néanmoins d’être franchi dans ce sens.
Critiqué sévèrement, repoussé, soupçonné,
abandonné, marginalisé, le Prd peut désormais
voir poindre l’espoir des lendemains plus luisants. Car
désormais, il fait partie intégrante de la mouvance.
Pour le reste, Me Adrien Houngbédji et les siens doivent
attendre ce que décidera le président de la République.
Là, c’est une autre affaire.
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