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Edition du Mardi 25 Mars 2003
   
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Législatives du 30 mars 2003 : Encore un faux départ pour les femmes.

Dimanche prochain, les électeurs iront choisir leurs représentants pour l’Assemblée nationale quatrième législature. Comme par le passé, les femmes qui constituent plus de la moitié de la population béninoise seront sous-représentées et pour cause. Elles sont très peu et très mal positionnées sur la plupart des listes en compétition. Pourtant, elles sont les plus nombreuses aux meetings et autres rencontres de campagne pour ovationner des candidats hommes peu soucieux de leur sort.

Depuis le déclenchement du processus démocratique au Bénin, nous en sommes à la 8ème élection. A chacune de ces occasions, les femmes de nos villes et campagnes, tam-tams et castagnettes au point, rivalisent d’ardeur pour démontrer aux candidats leur soutien indéfectible. Des chansons sont spécialement conçues pour louer les mérites du candidat avec une ferveur sans faille. Tout ceci pour quelques billets de banque, des tee-shirts et autres libéralités ponctuelles. Hier encore, nous les avons vues, au bord de la route de Glo-Djigbé, attendant un candidat. Jusqu’à quand les femmes vont-elles se contenter seulement de jouer ce rôle ? Apparemment, demain n’est pas la veille.

Les multiples campagnes de sensibilisation invitant à voter pour les femmes initiées par des organisations de femmes telles que RIFONGA, GPIFED et AFJB n’ont pas fait bouger les choses. Les mentalités ne changent pas du jour au lendemain si bien que les femmes qui ont eu le courage de se jeter dans la bataille politique éprouvent de sérieuses difficultés à se hisser dans les instances de prise de décisions. Le parlement béninois n’a jamais compte la dizaine des députés femmes.

Pour la 4ème législature, tout porte à croire que l’histoire se répète, car les représentants de la gent féminine, n’atteindront pas 10 sur 83 puisque sur la liste de départ, elles ne sont pas nombreuses et le peu qu’on enregistre est mal positionné. Très peu de candidates femmes sont têtes de listes. A Cotonou par exemple où neuf sièges sont à pourvoir dans les deux circonscriptions électorales, quelques listes ont positionné des femmes comme têtes de listes. Il s’agit de la RB, de l’IPD et de l’Alliance Etoile. Dans l’Atlantique , on enregistre quatre femmes têtes de listes (RDP, LNA et PRD). La situation n’est pas plus reluisante dans les autres circonscriptions électorales où les femmes sont presque absentes des listes ou elles sont suppléantes.

A qui la faute ? serait-on tenté de s’interroger. Aux femmes elles-mêmes, aux leaders de partis ou alliances de partis ou au système démocratique ? Le jeu démocratique exige que chacun se batte pour occuper la meilleure place. Mais force est de constater que cette bataille est perdue d’avance pour les femmes à cause de leur sous-représentation au sein des partis et des instances dirigeantes des partis. Cela les oblige à accepter la décision de la majorité masculine.

De même, rares ont les femmes politiques de la trempe de Rosine Soglo qui arrivent à s’imposer dans leur parti. Loin des nous l’idée d’indiquer qui que ce soit comme modèle, mais il faut reconnaître que très peu de femmes ont la force de se battre aujourd’hui dans un environnement politique malsain, marqué par des coups de toutes natures. Dans un environnement aussi hostile à la promotion féminine, que reste-t-il à faire ? capituler ou poursuivre le combat ? Naturellement, le découragement ne doit pas être au rendez-vous. Il ne s’agit pas de vouloir opposer les hommes et les femmes appelés à travailler dans la complémentarité. Le combat des femmes n’est pas un combat contre les hommes, mais un combat pour plus de justice dans la répartition des tâches et des ressources de l’Etat. Celles qui revendiquent un quota pour les femmes dans nos institutions n’ont peut-être pas tort, car si les choses vont continuer ainsi, jamais la gent féminine ne sera bien représentée au parlement.

Après huit échéances électorales, il est temps de faire le bilan à ce niveau pour trouver des moyens de faire participer davantage les femmes à la gestion de la chose publique, car tout le monde s’accorde à reconnaître qu’elles gèrent bien et ne se livrent pas à la transhumance politique une fois élues à l’Assemblée nationale.

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La Nation n° 3202 du mardi 25 mars 2003: Reine AZIFAN.
 
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