MON POINT DE VUE : Les nouveaux
décideurs.
L’histoire
nous dira si le vieux a raison ou s’il a tort ; s’il
a bien fait ou s’il s’est trompé ; si la stratégie
est bonne ou si elle comporte des risques. L’important est
qu’il ne soit pas trop tard pour faire marche arrière.
Je veux parler des nouveaux décideurs politiques. Qui ne
sont autres que les nouveaux riches que le régime du président
Kérékou a fabriqués de toutes pièces.
A quelques rares exceptions près, ils sont pour la plupart
des jeunes. Inutile de les nommer ; la société les
reconnaît par des signes extérieurs qui ne trompent
pas : belles villas par-ci et par-là, voitures de luxe
et de dernier cri, comptes bancaires outrageusement garnis…
Leur comportement social qui est à la limite de l’arrogance
et de la bassesse n’est que l’une des conséquences
du luxe insolent dans lequel ils baignent et qui leur fait perdre
la boussole.
Jusqu’à la veille des dernières élections
communales et municipales, on était habitué à
les voir dans les parcs de vente et de regroupement des voitures
d’occasion ; on les voyait aussi dans certaines sociétés
d’Etat avec lesquelles ils entretenaient des relations commerciales
plus ou moins louches ; d’autres par contre sont dans le
business international où ils s’adonnent à
la vente très enrichissante de la drogue. Sous le regard
à la fois compréhensif et complice du régime
en place.
Par une alchimie voulue et cautionnée par le Président
Kérékou, ces nouveaux riches ont atterri dans le
cercle très ouvert de la politique. Où, ils n’ont
éprouvé aucune difficulté pour convaincre
des électeurs miséreux et misérables. Leur
ascension politique n’a pas été seulement
rapide ; elle a été fulgurante. Aujourd’hui,
ils sont présents dans tous les compartiments de la vie
politique nationale : conseillers, maires, députés,
ministres… Comme si cela ne leur suffisait pas, ils ont
mis le cap sur 2006, l’élection présidentielle
de toutes les incertitudes.
Cette course effrénée pour l’occupation d’un
grand espace politique soulève deux questions essentielles
:
1 – Le président Kérékou contrôle-t-il
encore ces jeunes ?
2- Jusqu’où peuvent-ils aller ?
Considéré comme un fin stratège politique,
le plus redoutable que le pays ait connu depuis son accession
à l’indépendance, Kérékou peut
s’être trompé. Pour une fois. S’il est
vrai qu’il a consciemment voulu donner un pouvoir financier
à des jeunes pour déstabiliser ses adversaires,
il est tout aussi vrai qu’aujourd’hui, la situation
lui échappe. Le seul moyen qui lui reste pour mettre un
terme à l’offensive de ces nouveaux riches devenus
les nouveaux décideurs est de les livrer un à un
au lynchage populaire. Le vieux a encore ce pouvoir, car il connaît
le dessous de chacun d’eux. Reste à savoir s’il
peut prendre ce risque sans se compromettre et sans compromettre
nombre de ses plus proches collaborateurs. Alternative extrêmement
dangereuse qui me fait dire que, dans la situation actuelle, le
président Kérékou est contraint de regarder
faire. En espérant que la raison l’emportera.
Attitude passive qui n’est pas non plus sans risque. Pouvoir
financier et pouvoir politique, de surcroît concentrés
entre les mains d’hommes et de femmes totalement illettrés,
cela fait trop de contradictions à gérer ; trop
d’obstacles à surmonter. trop de pouvoirs concentrés
entre des mains douteux. Pendant ce temps, 2006 approche à
pas de géant. Il reste à souhaiter que cette folie
des grandeurs ne dégénère pas, messieurs
les nouveaux décideurs.
>>haut