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Edition du jeudi 22 Mai 2003
   
Actualités  
 


Présidentielle de 2006 : Le Psd à l’assaut de l’Ubf.

Les actes que pose le ministre d’Etat, Bruno Amoussou, depuis quelques années sur la scène politique nationale répondent à une stratégie de conquête du pouvoir en 2006. Une stratégie planifiée et mise en œuvre dont nous soulignons ici des aspects troublants.

La stratégie de conquête de l’Union pour le Bénin du Futur (Ubf) et d’élargissement des bases du Psd mise au point par les cadres du parti de Bruno Amoussou donne des résultats appréciables. Il faut en féliciter son inspirateur et son premier artisan. Habilement mais sûrement, cette stratégie de conquête du pouvoir vise comme première étape importante de réduire Kérékou à l’impuissance. Cette étape, à l’analyse de la situation, n’est plus impossible. Il est trop tard pour que le Caméléon puisse y changer grand chose.
Comme on le sait, l’accession de Bruno Amoussou à la Marina suppose que son influence politique aille au-delà de son ethnie Adja et des départements du Couffo et du Mono. Les tentatives de regroupement qu’il avait entreprises entraient un peu dans ce cadre. Elles sont soldées par des échecs, mais des échecs dont Amoussou a su tirer des enseignements importants pour changer son fusil d’épaule et revoir sa tactique d’alliance.

Des actions programmées et suivies

Cette stratégie comporte six volets qui s’exécutent de manière résolue et bien :

Le premier volet consiste à entrer dans les bonnes grâces du général et à se présenter comme le plus fidèle allié par rapport à son adversaire Houngbédji. Sur ce point, il a réussi à emballer Kérékou et à se faire déléguer des pouvoirs importants. Mais cette réussite a pris un coup lors de l’élection présidentielle de 2001 et depuis quelques semaines.

Le deuxième volet de la stratégie est de se démarquer du " vieux" sur des dossiers sensibles et à des moments décisifs. Les affaires de la Sonacop, de la Sonapra, de la Sbee furent des occasions propices. C’est aussi dans ce volet qu’il faut placer la candidature du Ministre d’Etat à la présidentielle de 2001 et les déclarations surprenantes faites à cette occasion.

Le troisième volet est de placer des cadres aux points névralgiques de l’Etat pour contrôler l’ensemble de l’appareil. Les pressions qu’on prête au président du Psd d’avoir régulièrement exercées sur les directeurs de cabinet du chef de l’Etat participent à ce volet. Ailleurs, il semble avoir réussi grâce aux ambitions des cadres prêts, à se vendre au plus offrant, et aux affairistes mus par le seul appât du gain.

Le quatrième volet est de renforcer son pouvoir économique grâce aux dossiers contrôlés par l’Etat : les parcs, les privatisations, les nombreuses études, le financement pour la lutte contre le Sida, le Marina Hôtel etc… Succès aussi ce front.
Le cinquième volet est de se faire des alliés dans le septentrion et le centre du Bénin. Des propositions sont ainsi faites à Théophile Natta, son ami de l’échec de 1999 à la présidence de l’Assemblée nationale. Le dévolu est ensuite jeté sur Sacca Kina pendant toute la législature dernière et notamment à l’occasion des élections locales. Le Car Dunya sera immolé sur cet autel et l’affaiblissement de Tawéma entrepris pour asseoir définitivement son ami Jérôme au sein du Fard. Il le fera même déplacer en dépit de son état de santé pour régler à son avantage des problèmes posés lors des législatives. Le soutien bruyant à l’équipe d’Attin, la liquidation programmée de Cap-Suru entrent dans la même logique que dans les Collines. Pour renforcer cette action, des tournées sont entreprises dans les départements concernés pour se faire prendre comme le dauphin de Kérékou.

Pas sans la bénédiction de Kérékou

Le sixième volet est la prise en main de l’esprit Ubf pour en faire un soutien à sa personne. Pour y parvenir, il lui faut précipiter des initiatives et multiplier des réunions, le tout dans le dos de Kérékou. Ce sixième volet est en cours. Transformer l’Ubf en parti politique, en devenir le chef incontesté et omnipotent, écarter tous ceux qui semblent s’en référer au chef de l’Etat pour les grandes orientations à imprimer à l’action de l’Ubf : le plan déjà tracé dans les détails et les ouvriers sont à pied d’œuvre : ceux du Psd qui sont au parfum des objectifs et les autres, soit à la recherche d’un strapontin, soit à la recherche désespérée d’un cadre politique d’épanouissement. Les résultats à ce niveau sont perceptibles et sont la source réelle du début de la crise au sein de l’Ubf.

Mais le succès de cette stratégie dépend de Kérékou et des décisions qu’il va prendre. Continuer à favoriser la mainmise sur les divers rouages de l’Etat par le président du Psd, grâce aux responsabilités qu’il lui aurait éventuellement confiées dans son prochain gouvernement ou non, lui laisser les mains libres pour que le Psd mette l’Ubf au service de la stratégie de ce parti ou non. Par rapport à toutes ces questions, il faut noter que le dénouement est proche, étant donné les événements politiques importants qui pointent à l’horizon.

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Le Matinal n° 1560 du jeudi 22 mai 2003:Grégoire Amangbégnon.
 
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