Présidentielle de 2006 :
Le Psd à l’assaut de l’Ubf.
Les
actes que pose le ministre d’Etat, Bruno Amoussou, depuis
quelques années sur la scène politique nationale
répondent à une stratégie de conquête
du pouvoir en 2006. Une stratégie planifiée et mise
en œuvre dont nous soulignons ici des aspects troublants.
La stratégie de conquête de l’Union pour le
Bénin du Futur (Ubf) et d’élargissement des
bases du Psd mise au point par les cadres du parti de Bruno Amoussou
donne des résultats appréciables. Il faut en féliciter
son inspirateur et son premier artisan. Habilement mais sûrement,
cette stratégie de conquête du pouvoir vise comme
première étape importante de réduire Kérékou
à l’impuissance. Cette étape, à l’analyse
de la situation, n’est plus impossible. Il est trop tard
pour que le Caméléon puisse y changer grand chose.
Comme on le sait, l’accession de Bruno Amoussou à
la Marina suppose que son influence politique aille au-delà
de son ethnie Adja et des départements du Couffo et du
Mono. Les tentatives de regroupement qu’il avait entreprises
entraient un peu dans ce cadre. Elles sont soldées par
des échecs, mais des échecs dont Amoussou a su tirer
des enseignements importants pour changer son fusil d’épaule
et revoir sa tactique d’alliance.
Des
actions programmées et suivies
Cette
stratégie comporte six volets qui s’exécutent
de manière résolue et bien :
Le
premier volet consiste à entrer dans les bonnes grâces
du général et à se présenter comme
le plus fidèle allié par rapport à son adversaire
Houngbédji. Sur ce point, il a réussi à emballer
Kérékou et à se faire déléguer
des pouvoirs importants. Mais cette réussite a pris un
coup lors de l’élection présidentielle de
2001 et depuis quelques semaines.
Le
deuxième volet de la stratégie est de se démarquer
du " vieux" sur des dossiers sensibles et à des
moments décisifs. Les affaires de la Sonacop, de la Sonapra,
de la Sbee furent des occasions propices. C’est aussi dans
ce volet qu’il faut placer la candidature du Ministre d’Etat
à la présidentielle de 2001 et les déclarations
surprenantes faites à cette occasion.
Le
troisième volet est de placer des cadres aux points névralgiques
de l’Etat pour contrôler l’ensemble de l’appareil.
Les pressions qu’on prête au président du Psd
d’avoir régulièrement exercées sur
les directeurs de cabinet du chef de l’Etat participent
à ce volet. Ailleurs, il semble avoir réussi grâce
aux ambitions des cadres prêts, à se vendre au plus
offrant, et aux affairistes mus par le seul appât du gain.
Le quatrième volet est de renforcer son pouvoir économique
grâce aux dossiers contrôlés par l’Etat
: les parcs, les privatisations, les nombreuses études,
le financement pour la lutte contre le Sida, le Marina Hôtel
etc… Succès aussi ce front.
Le cinquième volet est de se faire des alliés dans
le septentrion et le centre du Bénin. Des propositions
sont ainsi faites à Théophile Natta, son ami de
l’échec de 1999 à la présidence de
l’Assemblée nationale. Le dévolu est ensuite
jeté sur Sacca Kina pendant toute la législature
dernière et notamment à l’occasion des élections
locales. Le Car Dunya sera immolé sur cet autel et l’affaiblissement
de Tawéma entrepris pour asseoir définitivement
son ami Jérôme au sein du Fard. Il le fera même
déplacer en dépit de son état de santé
pour régler à son avantage des problèmes
posés lors des législatives. Le soutien bruyant
à l’équipe d’Attin, la liquidation programmée
de Cap-Suru entrent dans la même logique que dans les Collines.
Pour renforcer cette action, des tournées sont entreprises
dans les départements concernés pour se faire prendre
comme le dauphin de Kérékou.
Pas sans la bénédiction de Kérékou
Le
sixième volet est la prise en main de l’esprit Ubf
pour en faire un soutien à sa personne. Pour y parvenir,
il lui faut précipiter des initiatives et multiplier des
réunions, le tout dans le dos de Kérékou.
Ce sixième volet est en cours. Transformer l’Ubf
en parti politique, en devenir le chef incontesté et omnipotent,
écarter tous ceux qui semblent s’en référer
au chef de l’Etat pour les grandes orientations à
imprimer à l’action de l’Ubf : le plan déjà
tracé dans les détails et les ouvriers sont à
pied d’œuvre : ceux du Psd qui sont au parfum des objectifs
et les autres, soit à la recherche d’un strapontin,
soit à la recherche désespérée d’un
cadre politique d’épanouissement. Les résultats
à ce niveau sont perceptibles et sont la source réelle
du début de la crise au sein de l’Ubf.
Mais le succès de cette stratégie dépend
de Kérékou et des décisions qu’il va
prendre. Continuer à favoriser la mainmise sur les divers
rouages de l’Etat par le président du Psd, grâce
aux responsabilités qu’il lui aurait éventuellement
confiées dans son prochain gouvernement ou non, lui laisser
les mains libres pour que le Psd mette l’Ubf au service
de la stratégie de ce parti ou non. Par rapport à
toutes ces questions, il faut noter que le dénouement est
proche, étant donné les événements
politiques importants qui pointent à l’horizon.
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