La CENA s’apprête, la
campagne temporise.
La
campagne électorale sera-t-elle de proximité jusqu’au
bout ? Il faudra peut-être attendre le week-end prochain
pour observer si les candidats qui, pour le moment, en sont aux
contacts discrets et de proximité pour quadriller leurs
circonscriptions respectives, deviendront plus présents
et plus agressifs. Pour le moment, hormis quelques candidats qui
ont choisi de mettre assez d’argent au départ en
sortant la grande batterie d’affichage personnalisé,
la plupart, des candidats, du moins à Cotonou, sont en
phase de mise en place de la logistique. Ils temporisent.
Apparemment
beaucoup de formations politiques ou alliances de partis, tirant
leçons des communales et des municipales, restent prudentes
quant au déploiement de moyens financiers et matériels
excessifs et l’organisation d’une campagne trop ostentatoire.
C’est pour la première fois que certaines formations
ayant évolué, depuis plus de dix ans sous le drapeau
de leur parti d’origine, se retrouvent en effet sur des
listes où ils perdent leur identité. C’est
le cas à l’UBF où ils sont obligés
de se refaire une nouvelle identité, auprès de leur
électorat.
Certains grands leaders de l’opposition, se retrouvent sur
des listes de fortune, repêchés de justesse par un
allié objectif mais ennemi d’hier. Il s’agit
bien évidemment du repêchage des éléments
de la vieille garde RB, tels que Maxime Houédjissin, Aurélien
Houessou et Georges Guédou, par le PRD d’Adrien Houngbédji.
Jusqu’où ira la brouille entre les deux partis ?
Nul ne peut le mesurer pour le moment, chacun essayant de sauver
d’abord ses propres meubles.
Dans ce contexte d’incertitude, et très probablement
propice à de grandes surprises pour la prochaine législature,
la CENA, elle, va son train, libérée du contentieux
avec Ibrahim Idrissou du RUND, débarrassé de la
tentative de Rosine Vieyra-Soglo de toucher à la liste
de ses candidats et qui a failli tourner, la semaine dernière,
en esclandre. Samedi, les représentants des partis
politiques et alliances invités, la veille au soir, par
voie de presse, ont fait le pied de grue pour prendre possession
des spécimens du bulletin unique qui leur étaient
destinés. Comme on le sait, ces spécimens permettront
aux partis de participer à l’éducation des
électeurs aux différentes phases du vote et surtout
à l’identification du positionnement du logo de chaque
formation sur ce bulletin.
L’enjeu sera plus perceptible pendant la semaine en cours.
Le président de la CENA Ibrahim Adam Soulé a commencé
vendredi à faire le tour de son dispositif dans les démembrements
de la CENA afin de s’assurer de la mise en place des moyens
et des hommes et de cerner les difficultés qui pourraient
créer de possibles dysfonctionnements dans l’organisation.
Il s’est rendu pour cette sortie, à la Commission
électorale départementale de l’Atlantique,
où il s’est informé des difficultés
qui existent encore, en encourageant les membres des CED et des
CEL à mettre leur volonté au service de la réussite
du vote du 30 mars prochain.
La
question des cartes perdues
A
l’occasion il a demandé le point des matériels
électoraux, particulièrement le matériel
sensible, vérifié les recrutements surtout celui
des gardiens pour renforcer la sécurité du matériel.
L’un de ses grands soucis a été de s’assurer
de la prévention des coupures d’électricité
pendant la période sensible du dépouillement et
de la comptabilité des suffrages. Il s’agira dès
lors d’acheter des groupes électrogènes. En
ce qui concerne la délivrance des cartes d’électeur
à ceux qui ont perdu les leurs après les élections
communales, Adam Soulé a instruit les CED et les CEL de
la nécessité d’un contrôle strict, avant
de telles délivrances. Il a demandé qu’il
soit exigé de ceux qui sont dans le cas, la présentation
d’un certificat de perte. Afin de ne pas provoquer des suspicions
inutiles, le président de la CENA a, par ailleurs, donné
des instructions pour que lors de l’établissement
du duplicata de la carte perdue, qu’une attention rigoureuse
soit portée sur la numérotation des souches.
L’accès des populations ou des candidats aux CED
et CEL devrait être facilité par l’apposition
de pancartes au fronton ou à proximité des locaux
qui abritent les sièges. Sans nul doute que malgré
les restrictions budgétaires, Adam Soulé fera la
même démarche dans les CED et CEL de l’intérieur
du pays.
>>haut