4ème
Législature La Rb réduite au silence
Le
Renaissance du Bénin, contrairement à ses habitudes,
n’a pas vivement contesté ou décrié
les résultats des législatives. Les élus
du camp Soglo ont certainement pris conscience des nouvelles donnes
et des implications qu’elles pourraient avoir sur la prochaine
Assemblée nationale.
Pas
de marche de protestation, ni de déclarations tous azimuts
contre les institutions chargées de l’organisation
des résultats. Il n’y a pas eu non plus procès
d’intentions ou des accusations répétées
de fraudes à l’endroit du pouvoir en place comme
par le passé. La Renaissance du Bénin, même
si elle n’est pas totalement satisfaite des élections
et des résultats, semble avoir pris conscience du sort
qui lui est réservé à l’Assemblée
nationale : les « Houézèhouè »,
fort de ses 27 députés par le passé, s’imposaient
à l’Assemblée nationale avec le soutien du
Prd et d’autres députés du groupe «
Consensus national ». Désormais, ils évolueront
sans leurs alliés d’hier. La partie sera rude à
supporter, lorsqu’on sait que cette force a été
une pression permanente sur le pouvoir en place au cours de la
3ème législature ; on ne laissait aucune chance
à la mouvance.
Face
aux nouvelles données, les leaders de la Rb ont certainement
réfléchi à l’enjeu qui se trouve désormais
plus au sein de l’hémicycle avec l’épreuve
de la nouvelle majorité, et on préfère taire
les protestations qui risquent d’être vaines et stériles.
La Rb a observé un silence face à toutes ces réalités
et a même peut-être surpris par son attitude passive
au sujet de la déclaration de son ancien allié politique,
le Prd qui a viré récemment vers la mouvance.
Ce
n’est ni un drame, ni une fatalité, la situation
que vivra désormais la Rb dans le nouveau parlement. Car
en politique, tout peut changer. Les députés de
l’Alliance Etoile qui jusque-là, semblent fidèles
à leur logique d’opposants pourraient soutenir le
parti des Soglo.
Marge
de manœuvre limitée : une minorité à
gérer
Par
ailleurs, d’éventuels mécontents de l’élection
de bureau de l’Assemblée nationale, de ses instances
spécialisées ou même de la formation d’un
nouveau gouvernement, peuvent toujours quitter les rangs de la
majorité pour rejoindre l’opposition. En dépit
de cela, les marges de manœuvre de la Rb semblent désormais
très limitées. Le parti et ses nouveaux députés
ne compteront plus certains membres influents, notamment, Bah
Nathaniel, Guy Adjanonhoun, Edgar Yves Monnou, Georges Guédou
et Maxime Houédjissin, qui ont initié beaucoup de
lois et contribué à la résolution d’un
certain nombre de problèmes au niveau des commissions.
Leur départ constitue un vide au sein du parti. Toutefois,
ils ne sont pas irremplaçables. La Rb a de nouveaux députés
comme Me Ahouandogbo, Me Abraham Zinzindohoué, Valerie
Mongbo qui peuvent être d’un support appréciable
au parti et participer aux débats parlementaires afin de
défendre certaines positions. Mais cela ne suffit pas et
on doit aussi tenir compte de la volonté de la majorité.
Une
majorité qui, bien qu’elle s’impose, doit accorder
également une attention à la minorité que
constitue l’opposition pour éviter des erreurs ou
des abus préjudiciables à la vie et au fonctionnement
de l’institution.
>>haut