Le
film du coup de force avorté.
La
destitution mûrie et programmée de la doyenne d’âge
Rosine Vieyra Soglo n’a pu avoir lieu le lundi 12 mai 203
comme prévue. D’abord, tous les 49 députés
signataires de la pétition de destitution n’ont pas
honoré de leur présence ce rendez-vous. Et certains
dans l’impossibilité de digérer la confusion
qui s’est installée, sont simplement rentrés
pendant que les autres observent des aller et retour dans l’hémicycle.
Ambiance d’un coup de force avorté.
Lundi 12 mai 2003, 10h 42 minutes. Une première vague de
députés de la mouvance arrivent à l’Assemblée
nationale à Porto-Novo. Ces députés sont
suivis quelques minutes plus tard de Sylvain Akindès. Tout
ceci dans le calme absolu. Les habituels cortèges avec
motards et sirènes hurlantes font place à un silence
plat. Idem pour les salutations de joie et autres blagues des
beaux jours. A la descente des véhicules, chacun prend
timidement le chemin de l’hémicycle dans l’espoir
de finir une fois pour toutes avec cette crise institutionnelle
qui dure depuis des semaines. A peine les honorables font attention
aux forces de l’ordre armées déployées
en masse tous les 200 m sur l’autoroute Cotonou-Porto-Novo.
L’arrivée de l’honorable Daniel Tawéma
rompt un peu le silence. Sur l’esplanade de l’Assemblée
nationale, deux voitures bâchées pick-up avec au
moins douze policiers à bord attendent avec un air attentif.
A la guérite, trois gendarmes contrôlent au peigne
fin les identités des visiteurs. A 12 heures 30, il n’y
a que 36 députés dans l’hémicycle.
Pendant ce temps, Bruno Amoussou et Daniel Tawéma poursuivent
leur conclave qui dure depuis environ 20 mn. Le nouveau Président
élu, Antoine Idji Kolawolé préfère
rester pour l’instant dans le bureau de Karim Rafiatou.
Les autres députés se retrouvent en petits groupes.
Mais rien ne filtre de leurs discussions. A 12 heures 43, une
réunion est annoncée au secrétariat administratif
de l’Assemblée nationale. Une rencontre soldée
par un dos-à-dos selon des indiscrétions. Deux camps
se seraient opposés sur la conduite à tenir. Deux
camps conduits par Bruno Amoussou d’un côté,
Sylvain Akindès et Daniel Tawéma de l’autre.
Dans l’impossibilité d’accorder leurs violons,
la séance est suspendue et les députés se
dispersent.
Un peu avant, le secrétaire général du Prd,
Timothée Zannou entouré de Amoudath Gbadamassi,
Chessy, Aloukou et Koukoui André, organise une conférence
de presse pour faire le point des démarches entreprises
par leur parti pour juguler la crise. Dans la cour, dans les couloirs
et dans l’hémicycle, c’est le ballet des coups
de fil. Une discussion s’engage entre Bruno Amoussou et
Modeste Kérékou dans un premier temps et ensuite
avec Bernard Davo. La discussion s’est poursuivie avec Idji
Kolawolé. On saura plus tard qu’aucun d’eux
n’a envie de diriger la plénière. De temps
à autre, des députés Prd apparaissent et
disparaissent. A 17 heures 22, on apprend que Maître Adrien
Houngbédji, invisible depuis lors, vient de passer service
à Idji Kolawolé. Toutes les démarches pour
en savoir plus ont été infructueuses. Devant le
bureau de Karim Rafiatou dans lequel Idji Kolawolé est
toujours enfermé, Bruno Amoussou reçoit un coup
de fil et annonce à Bernard Davo, Sacca Kina, Daniel Tawéma
et Kamarou Fassassi : « c’est bon, on peut les réunir
maintenant ». Il sonne 18 h 28. Par petits groupes, tous
les députés encore présents, rejoignent à
nouveau le secrétariat administratif. Sur instruction du
Directeur de cabinet de Tawéma, tous les véhicules
des députés sont convoyés de l’Assemblée
vers le lieu de réunion. A 20h 22, des acclamations répétées
retentissent dans la salle de réunion. A 20h 55 la séance
est levée, Karim Rafiatou, Sacca Ficara et Sacca Kina envoient
les journalistes vers Idji Kolawolé pour une déclaration
.
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