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Edition du Mercredi 14 mai 2003
   
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Le film du coup de force avorté.

La destitution mûrie et programmée de la doyenne d’âge Rosine Vieyra Soglo n’a pu avoir lieu le lundi 12 mai 203 comme prévue. D’abord, tous les 49 députés signataires de la pétition de destitution n’ont pas honoré de leur présence ce rendez-vous. Et certains dans l’impossibilité de digérer la confusion qui s’est installée, sont simplement rentrés pendant que les autres observent des aller et retour dans l’hémicycle. Ambiance d’un coup de force avorté.

Lundi 12 mai 2003, 10h 42 minutes. Une première vague de députés de la mouvance arrivent à l’Assemblée nationale à Porto-Novo. Ces députés sont suivis quelques minutes plus tard de Sylvain Akindès. Tout ceci dans le calme absolu. Les habituels cortèges avec motards et sirènes hurlantes font place à un silence plat. Idem pour les salutations de joie et autres blagues des beaux jours. A la descente des véhicules, chacun prend timidement le chemin de l’hémicycle dans l’espoir de finir une fois pour toutes avec cette crise institutionnelle qui dure depuis des semaines. A peine les honorables font attention aux forces de l’ordre armées déployées en masse tous les 200 m sur l’autoroute Cotonou-Porto-Novo. L’arrivée de l’honorable Daniel Tawéma rompt un peu le silence. Sur l’esplanade de l’Assemblée nationale, deux voitures bâchées pick-up avec au moins douze policiers à bord attendent avec un air attentif. A la guérite, trois gendarmes contrôlent au peigne fin les identités des visiteurs. A 12 heures 30, il n’y a que 36 députés dans l’hémicycle. Pendant ce temps, Bruno Amoussou et Daniel Tawéma poursuivent leur conclave qui dure depuis environ 20 mn. Le nouveau Président élu, Antoine Idji Kolawolé préfère rester pour l’instant dans le bureau de Karim Rafiatou. Les autres députés se retrouvent en petits groupes. Mais rien ne filtre de leurs discussions. A 12 heures 43, une réunion est annoncée au secrétariat administratif de l’Assemblée nationale. Une rencontre soldée par un dos-à-dos selon des indiscrétions. Deux camps se seraient opposés sur la conduite à tenir. Deux camps conduits par Bruno Amoussou d’un côté, Sylvain Akindès et Daniel Tawéma de l’autre. Dans l’impossibilité d’accorder leurs violons, la séance est suspendue et les députés se dispersent.

Un peu avant, le secrétaire général du Prd, Timothée Zannou entouré de Amoudath Gbadamassi, Chessy, Aloukou et Koukoui André, organise une conférence de presse pour faire le point des démarches entreprises par leur parti pour juguler la crise. Dans la cour, dans les couloirs et dans l’hémicycle, c’est le ballet des coups de fil. Une discussion s’engage entre Bruno Amoussou et Modeste Kérékou dans un premier temps et ensuite avec Bernard Davo. La discussion s’est poursuivie avec Idji Kolawolé. On saura plus tard qu’aucun d’eux n’a envie de diriger la plénière. De temps à autre, des députés Prd apparaissent et disparaissent. A 17 heures 22, on apprend que Maître Adrien Houngbédji, invisible depuis lors, vient de passer service à Idji Kolawolé. Toutes les démarches pour en savoir plus ont été infructueuses. Devant le bureau de Karim Rafiatou dans lequel Idji Kolawolé est toujours enfermé, Bruno Amoussou reçoit un coup de fil et annonce à Bernard Davo, Sacca Kina, Daniel Tawéma et Kamarou Fassassi : « c’est bon, on peut les réunir maintenant ». Il sonne 18 h 28. Par petits groupes, tous les députés encore présents, rejoignent à nouveau le secrétariat administratif. Sur instruction du Directeur de cabinet de Tawéma, tous les véhicules des députés sont convoyés de l’Assemblée vers le lieu de réunion. A 20h 22, des acclamations répétées retentissent dans la salle de réunion. A 20h 55 la séance est levée, Karim Rafiatou, Sacca Ficara et Sacca Kina envoient les journalistes vers Idji Kolawolé pour une déclaration .

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Le Matinal n° 1554 du mercredi 14 mai 2003:Philipe Adéniyi et Jean Christophe Houngbo.
 
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