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Edition du Jeudi 12 Juin 2003
   
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En suspens : Mettre fin à l'attente.

Chaque jour qui passe, les Béninois retiennent leur souffle. La liste du gouvernement du Général Mathieu Kérékou se fait attendre. Depuis le début de la semaine, le qui-vive est plus que vif. En dehors du siège du Parlement mardi dernier par les journalistes à l'affût du scoop, hier mercredi a été également un jour de veille. Même si les députés sont officiellement de repos, il n'a pas manqué du monde à l'Assemblée nationale. Et pour cause. La rumeur s'étant fait persistance sur l'imminence du remaniement, personne n'a voulu se laisser conter.

Alors, même avec le départ de bien des membres du bureau, une kyrielle de journalistes est demeurée longtemps sur place, guettant la moindre présence de motard en provenance du Palais de la République. La présence tardive du président Antoine Kolawolé Idji était pour les confrères le signe indicateur. Dans chaque rédaction également, c'était le compte à rebours. On se prépare à tout moment à avoir les échos de la fameuse liste et on affûte ses armes pour ne pas être en marge de l'information.

Mais d'attente en attente, on risque de se fatiguer, pendant que le Chef de l'Etat, apparemment imperturbable, donne l'impression de ne pas se presser. Il prend donc son temps, l'air amusé sans doute devant les «agitations» en provenance du milieu des médias. La question qui se pose est de savoir jusqu'à quand le Président Mathieu Kérékou fera attendre l'opinion publique tant nationale qu'internationale? S'il est vrai que le Chef de l'Etat est le seul à avoir l'initiative en matière de formation de gouvernement, et que le Chef n'est jamais pressé, il est une réalité que l'attente a déjà trop duré.

Et, en dehors des médias qui attendent de faire leur beurre sur les ventes de journaux découlant de la formation de ce gouvernement, il y a quand même tout un pays qui attend de disposer enfin d'un gouvernement qui se mette résolument au travail. Car, actuellement, rien ne bouge. Non, seulement c'est la psychose dans tous les états majors ministériels où, pour une fois, le destin des membres de cabinet est lié à celui des ministres, mais il y a que les cadres ne travaillent plus. Tout le monde attend de quoi demain sera fait et s'investit au besoin pour le positionnement de tel ou tel protégé ou protecteur. Tout cela prend le dessus sur le travail normal qui devrait accroître la productivité et le revenu national.

Aujourd'hui, à travers le retard qu'accuse le Chef de l'Etat dans la recomposition de son nouveau gouvernement, il est évident que les objectifs de l'équipe au pouvoir consignés dans le Programme d'action du gouvernement seront gelés comme toutes activités économiques. Il importe que le Président Kérékou tienne compte de l'exigence actuelle, qu'il se convainque des méfaits de l'attentisme actuel pour publier la liste de son nouveau gouvernement. Car, à force de repousser l'échéance, il ne contribua qu'à encourager les supputations et le blocage systématique actuel!.

>>haut

Matinal n° 1577 du jeudi 12 juin 2003: .
 
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