En
suspens : Mettre fin à l'attente.
Chaque
jour qui passe, les Béninois retiennent leur souffle. La
liste du gouvernement du Général Mathieu Kérékou
se fait attendre. Depuis le début de la semaine, le qui-vive
est plus que vif. En dehors du siège du Parlement mardi
dernier par les journalistes à l'affût du scoop,
hier mercredi a été également un jour de
veille. Même si les députés sont officiellement
de repos, il n'a pas manqué du monde à l'Assemblée
nationale. Et pour cause. La rumeur s'étant fait persistance
sur l'imminence du remaniement, personne n'a voulu se laisser
conter.
Alors, même avec le départ de bien des membres du
bureau, une kyrielle de journalistes est demeurée longtemps
sur place, guettant la moindre présence de motard en provenance
du Palais de la République. La présence tardive
du président Antoine Kolawolé Idji était
pour les confrères le signe indicateur. Dans chaque rédaction
également, c'était le compte à rebours. On
se prépare à tout moment à avoir les échos
de la fameuse liste et on affûte ses armes pour ne pas être
en marge de l'information.
Mais
d'attente en attente, on risque de se fatiguer, pendant que le
Chef de l'Etat, apparemment imperturbable, donne l'impression
de ne pas se presser. Il prend donc son temps, l'air amusé
sans doute devant les «agitations» en provenance du
milieu des médias. La question qui se pose est de savoir
jusqu'à quand le Président Mathieu Kérékou
fera attendre l'opinion publique tant nationale qu'internationale?
S'il est vrai que le Chef de l'Etat est le seul à avoir
l'initiative en matière de formation de gouvernement, et
que le Chef n'est jamais pressé, il est une réalité
que l'attente a déjà trop duré.
Et, en dehors des médias qui attendent de faire leur beurre
sur les ventes de journaux découlant de la formation de
ce gouvernement, il y a quand même tout un pays qui attend
de disposer enfin d'un gouvernement qui se mette résolument
au travail. Car, actuellement, rien ne bouge. Non, seulement c'est
la psychose dans tous les états majors ministériels
où, pour une fois, le destin des membres de cabinet est
lié à celui des ministres, mais il y a que les cadres
ne travaillent plus. Tout le monde attend de quoi demain sera
fait et s'investit au besoin pour le positionnement de tel ou
tel protégé ou protecteur. Tout cela prend le dessus
sur le travail normal qui devrait accroître la productivité
et le revenu national.
Aujourd'hui,
à travers le retard qu'accuse le Chef de l'Etat dans la
recomposition de son nouveau gouvernement, il est évident
que les objectifs de l'équipe au pouvoir consignés
dans le Programme d'action du gouvernement seront gelés
comme toutes activités économiques. Il importe que
le Président Kérékou tienne compte de l'exigence
actuelle, qu'il se convainque des méfaits de l'attentisme
actuel pour publier la liste de son nouveau gouvernement. Car,
à force de repousser l'échéance, il ne contribua
qu'à encourager les supputations et le blocage systématique
actuel!.
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