La responsabilité de Kérékou .
A
nouveau, tant que sa nouvelle composition ne sera pas rendue publique,
le gouvernement restera encore au cours de la semaine, le seul
sujet véritablement digne d’intérêt
; un sujet que l’on retournera dans tous les sens. Pas que
le chef de l’Etat ne voudrait pas en finir avec ce dossier
brûlant et relancer la machine administrative nationale
déjà handicapée par la démission de
huit ministres. Evidemment, c’est cette dernière
donnée qui fait de la mise sur pied d’un nouveau
gouvernement une nécessité qui presse. Quand on
jette un regard en arrière, on se rend compte que, de tous
les remaniements ministériels, c’est celui-ci qui
aura mis le plus de temps pour être réalisé.
La raison essentielle de ce retard procède de ce qu’il
n’est pas facile à Kérékou de trancher.
Tant les crocs-en-jambe entre mouvanciers persistent.
Bien vrai qu’ils ne reposent sur rien d’autre que
sur la volonté d’assouvir des ambitions personnelles.
Ce qui embête surtout Kérékou, c’est
l’animosité ambiante orientée vers le PRD.
Ce parti et son chef, peu de mouvanciers les portent dans leur
cœur. Depuis qu’il a été établi
que Me Houngbédji est retourné à la mouvance,
l’humeur s’est dégradée chez les caciques
de Kérékou. Or, aucune analyse politique ne justifie
qu’on mette à l’écart le PRD. La preuve
est que l’arrivée au gouvernement du parti de Me
Houngbédji permet un rééquilibrage des forces
politiques au sein de la mouvance élargie. De toute façon,
c’est le chef de l’Etat qui est le principal bénéficiaire
de l’appui du PRD. C’est donc à lui de prendre
ses responsabilités par rapport aux tiraillements dont
les fauteuils ministériels font l’objet.
S’il est avéré que la liste du gouvernement
était prête depuis fort longtemps, c’est que
Kérékou aurait effectivement pu mettre fin au suspens.
On supposait qu’avec la constitution des groupes et commissions
parlementaires, Kérékou livrerait le secret des
tractations qu’il mène depuis plusieurs semaines.
C’est ce qui renforce dans la conviction qu’en fait,
c’est le cas PRD que Kérékou n’est pas
encore parvenu à régler dans l’intérêt
de tout le monde. Pour l’heure, le temps presse. Les gens
sont las d’attendre.
>>haut
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