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Edition du Mercredi 11 Juin 2003
   
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Politique d’exclusion de l’opposition du débat politique : La dérive qui menace la démocratie au Bénin.

L’élection des présidents de commissions, jeudi dernier à l’Assemblée nationale, a confirmé la tendance qui se dessine désormais dans la gestion des affaires publiques au Bénin. La mouvance présidentielle n’entend dorénavant plus rien accorder à l’opposition.

Jeudi dernier, l’élection des présidents des commissions permanentes de l’Assemblée nationale s’est déroulée sans les députés de la Renaissance du Bénin. Rosine Soglo et ses collègues ont déserté les lieux suite au réajustage de la composition des commissions effectuées par le bureau de l’Assemblée nationale. A l’occasion, 10 députés RB qui, dans la perspective de constituer une majorité dans au moins une commission pour en détenir la présidence, s’étaient tous inscrits dans la commission du plan, ont été dispersés dans les quatre autres commissions. Ils contestent et protestent, finissent par claquer la porte criant à la violation de la Constitution.

Ceci n’a nullement empêché la majorité parlementaire de poursuivre les travaux et d’occuper la tête de toutes les commissions. Cet acte consacre, une nouvelle fois, la volonté des hommes de Mathieu Kérékoude ne plus rien concéder à l’opposition. Déjà à l’installation de cette quatrième législature, les protestations de Rosine Soglo n’ont pas dissuadé la mouvance présidentielle d’occuper tous les postes du bureau de l’Assemblée. Par la suite, les propositions du parlement dans le cadre du renouvellement de la Cour Constitutionnelle sont restées dans la même logique. Que dire des bureaux des deux dernières Commissions Electorales Nationales Autonomes ? Tous ont exclu les partisans de l’opposition. Voilà la phase actuelle de la démocratie béninoise, la dictature de la majorité mécanique. Consensus et partage désertent de plus en plus le forum, seuls les calculs politiciens ont droit de cité. Et si quelqu’un ne rentre pas dans les rangs, tant pis. Jusqu’où iront les partisans de Mathieu Kérékou dans cette nouvelle tendance?

La question mérite simplement d’être posée. Du temps où elle était au pouvoir, on avait reproché à la Renaissance du Bénin son manque d’ouverture, une certaine exclusion dans la gestion des affaires politiques. Mathieu Kérékou à son arrivée, en bon rassembleur, a essayé de se départir de ce clivage. Mais à l’allure où vont les choses, il est à craindre qu’avant la fin de son dernier mandat, il s’éloigne complètement de ces idéaux, s’illustrant encore plus négativement que son prédécesseur. L’appétit vorace de ceux qui l’entourent pourrait le conduire à des extrémismes dont il sera seul tenu responsable. Surtout qu’il semble que dans ce jeu politique au parlement, le général président n’a cessé de manifester ses inquiétudes de voir l’opposition complètement écartée du débat politique et de la gestion des affaires publiques. Est-il suivi ?.

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Le Républicain n°616 du mercredi 11 juin 2003: Francis SANOUSSI.
 
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