Politique
d’exclusion de l’opposition du débat politique
: La dérive qui menace la démocratie au Bénin.
L’élection
des présidents de commissions, jeudi dernier à l’Assemblée
nationale, a confirmé la tendance qui se dessine désormais
dans la gestion des affaires publiques au Bénin. La mouvance
présidentielle n’entend dorénavant plus rien
accorder à l’opposition.
Jeudi
dernier, l’élection des présidents des commissions
permanentes de l’Assemblée nationale s’est
déroulée sans les députés de la Renaissance
du Bénin. Rosine Soglo et ses collègues ont déserté
les lieux suite au réajustage de la composition des commissions
effectuées par le bureau de l’Assemblée nationale.
A l’occasion, 10 députés RB qui, dans la perspective
de constituer une majorité dans au moins une commission
pour en détenir la présidence, s’étaient
tous inscrits dans la commission du plan, ont été
dispersés dans les quatre autres commissions. Ils contestent
et protestent, finissent par claquer la porte criant à
la violation de la Constitution.
Ceci
n’a nullement empêché la majorité parlementaire
de poursuivre les travaux et d’occuper la tête de
toutes les commissions. Cet acte consacre, une nouvelle fois,
la volonté des hommes de Mathieu Kérékoude
ne plus rien concéder à l’opposition. Déjà
à l’installation de cette quatrième législature,
les protestations de Rosine Soglo n’ont pas dissuadé
la mouvance présidentielle d’occuper tous les postes
du bureau de l’Assemblée. Par la suite, les propositions
du parlement dans le cadre du renouvellement de la Cour Constitutionnelle
sont restées dans la même logique. Que dire des bureaux
des deux dernières Commissions Electorales Nationales Autonomes
? Tous ont exclu les partisans de l’opposition. Voilà
la phase actuelle de la démocratie béninoise, la
dictature de la majorité mécanique. Consensus et
partage désertent de plus en plus le forum, seuls les calculs
politiciens ont droit de cité. Et si quelqu’un ne
rentre pas dans les rangs, tant pis. Jusqu’où iront
les partisans de Mathieu Kérékou dans cette nouvelle
tendance?
La
question mérite simplement d’être posée.
Du temps où elle était au pouvoir, on avait reproché
à la Renaissance du Bénin son manque d’ouverture,
une certaine exclusion dans la gestion des affaires politiques.
Mathieu Kérékou à son arrivée, en
bon rassembleur, a essayé de se départir de ce clivage.
Mais à l’allure où vont les choses, il est
à craindre qu’avant la fin de son dernier mandat,
il s’éloigne complètement de ces idéaux,
s’illustrant encore plus négativement que son prédécesseur.
L’appétit vorace de ceux qui l’entourent pourrait
le conduire à des extrémismes dont il sera seul
tenu responsable. Surtout qu’il semble que dans ce jeu politique
au parlement, le général président n’a
cessé de manifester ses inquiétudes de voir l’opposition
complètement écartée du débat politique
et de la gestion des affaires publiques. Est-il suivi ?.
>>haut
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