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Edition du mardi 10 Juin 2003
   
Actualités  
 


Prochain gouvernement de Kérékou : Amoussou et Osho s’opposent à /Me Houngbédji.

De sources bien informées, Pierre Osho et Bruno Amoussou seraient les derniers remparts qui bloquent l’entré du Parti renouveau démocratique (Prd) au gouvernement. Le Président Kérékou qui a enfin mis la dernière touche à sa liste serait l’otage de ses deux ministres d’Etat qui préfèrent être les seuls à entourer le Général Mathieu Kérékou pour mieux l’éteindre. Une stratégie à connotation égoïste qui démontre combien les cadres béninois sont prêts à nuire quand leur intérêt est en jeu.

On a souvent pensé et cru qu’en réalité et Président Kérékou est le seul à constituer son équipe gouvernementale et que tous ceux qui prétendent qu’il y a autour de lui des « barons » se trompent. Mais c’est sans compter avec l’humilité de l’homme qui, tout chef qu’il est, ne manque pas à des moments donnés de consulter ses proches collaborateurs. C’est ce qu’il faut actuellement en associant ses deux ministres d’Etat (Bruno Amoussou et Pierre Osho) à la confection de la liste du nouveau gouvernement. Mais, bizarrement, il y a comme une sorte de coalition des ministres d’Etat contre l’entrée du Prd et surtout de Me Adrien Houngbédji au gouvernement.

La confection de la liste du gouvernement est une exercice politique très délicat et il est normal que Kérékou pour le probable dernier gouvernement de son quinquennat réfléchisse par deux fois avant de décider et qu’il soit attentif à la lecture que les Béninois en feront. Depuis qu’Adrien Houngbédji a décidé de rejoindre le camp des partisans du Général, il est devenu difficile de trancher dans le vif et de prendre une décision qui sauvegarde la neutralité recommandée pour un chef dont deux collaborateurs recherchent la couverture. Mathieu Kérékou semble avoir résolu le problème en décidant en toute conscience et en toute responsabilité d’admettre aussi bien Houngbédji que Amoussou dans son prochain gouvernement. Il aurait pu se simplifier la tâche en écartant les deux prétendants à la Marina pour pouvoir aisément concentrer ses efforts pour la réalisation de son programme d’action, le Pag II. La proposition qu’il a faite à Amoussou de reprendre le perchoir du parlement avait pour objectif de trouver une issue simple à cette situation. Bruno Amoussou s’y est opposé mettant ainsi le Chef de l’Etat en difficulté. On aurait pu s’attendre à une réaction conséquente de la part du Kaméléon et personne ne lui aurait reproché dans ces conditions de ne pas reconduire Bruno Amoussou dans son gouvernement. Le chef de l’Etat seul fait les raisons tactiques, les considérations politiques ou les motifs qui l’ont conduit à ne pas agir de la sorte.

A vingt quatre heures (24h) du dépôt de la liste tant attendue par les ministrables et par les Béninois , Bruno Amoussou pose des conditions, soutenu semble-t-il par Pierre Osho, le Fidèle des fidèles du Général. Le président du Psd, selon nos sources, exigerait à ne participer à ce gouvernement que si Adrien Houngbédji n’y figure pas. Difficile à comprendre comme logique. Mais on ne devrait pas oublier que Bruno Amoussou en a toujours imposé au chef de l’Etat. On peut citer ce qui s’est passé en 1999 où, par la volonté du président du Psd, Félix Dansou Essou a été exclu du gouvernement. Avant, il y a eu le cas Soulé Dankoro, ce qui a d’ailleurs conduit ce dernier à s’opposer à tout ce qui sent Bruno Amoussou.

Toujours en 1999, Bruno Amoussou s’est imposé à Mathieu Kérékou en refusant de rester dans le même gouvernement qu’un membre du car Dunya. L’histoire se répète donc. La question aujourd’hui est de savoir si le Général à nouveau à ce chantage ouvert. Probablement ! Puisqu’il n’y a jamais deux sans trois et nous dirons même trois sans quatre. Car au fond, le « Vieux » a perdu de sa rigueur et un peu de sa clairvoyance. Endormi qu’il est aujourd’hui par ses deux ministres d’Etat plus que jamais unis dans la gestion de nombre de dossiers. C’est le cas de l’exploitation des parcs de véhicules d’occasion. Après la filière coton, c’est le tour des véhicules d’occasion de constituer le socle des choix politiques au bénin. Et ce n’est pas les anciens marxistes qui pourront y résister. La preuve.

>>haut

Le Matinal n° 1574 du samedi 7 juin 2003:Grégoire Amangbégnon .
 
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