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Edition du mardi 10 Juin 2003
   
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EN VERITE : Ils sont à surveiller .

Rien. Pratiquement rien n’augure d’un quelconque changement dans le fonctionnement de la Cour Constitutionnelle pour les cinq prochaines années. Au début de ce nouveau quinquennat pour la plupart des membres de la dernière Cour Constitutionnelle, c’est tout simplement la continuité ; une continuité qui pourrait friser la routine. C’est ce qui fait dire à bien des personnes qu’il n’y a rien à attendre de l’actuelle Cour Constitutionnelle que ce qu’elle a démontré aux Béninois entre 1998 et 2003.

Effectivement, Conceptia Ouinsou et les 6 autres Sages de l’ancienne Cour ont eu à gérer les contentieux sur quatre scrutins électoraux dont deux législatives, c’est-à-dire, celles de 1999 et 2003, l’élection présidentielle de 2001 et les communales de décembre 2002. C’est en ces différentes occasions que l’équipe de Conceptia Ouinsou a eu à faire ses preuves ; c’est la façon dont les problèmes liés à ces rendez-vous électoraux ont été gérés qui justifie l’animosité envers la précédente mandature de la Cour. Bien vrai qu’elle peut être créditée d’un bon bilan par rapport au respect qu’il faut avoir des droits de l’homme.

Mais la gestion des contentieux électoraux laisse à désirer. Certaines décisions rendues entre 1998 et 2003 trahissent la politisation évidente de la haute institution en matière constitutionnelle. Evidemment, quand on aborde cet aspect du fonctionnement de la Cour, on se rappelle les critiques acerbes qu’elle essuie de la part de la classe politique - opposition et mouvance confondues. La plus récente flambée de critiques à l’endroit de la Cour remonte à mars-avril 2001 avec les errements enregistrés dans la proclamation des résultats du premier tour de la dernière présidentielle. A l’époque, certains avaient parlé de la ‘’Cour des miracles’’.

Malheureusement, les scrutins ultérieurs n’ont pas démenti cette mauvaise réputation de l’équipe de Conceptia Ouinsou. Les communales, encore moins les législatives de mars dernier. Que peut-on espérer d’autre d’une Cour, qui, en cinq ans, a déjà donné la mesure de ce qu’on peut attendre d’elle ? En la personne de Pancrace Brathier et de Christophe Kougniazondé, la Cour Constitutionnelle n’a connu de changement que dans la confirmation de la ligne qui, peut-être, s’imposait à elle. Comme cela est de mise en sport, on ne change pas une équipe qui gagne. Les deux hommes sont des mouvanciers bon teint, donc des gens pour qui, le soutien inconditionnel à la mouvance ne prendrait jamais l’allure d’un cas de conscience. Avant 2008, date à laquelle la plupart devraient partir, après deux mandats consécutifs, ils auront l’opportunité de prendre part à trois autres scrutins, en l’occurrence, la présidentielle de 2006 puis les législatives et communales de 2007. C’est ce qui, dans le fonctionnement de la Cour pousse à la suivre de très près.

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Le Républicain n°615 du mardi 10 juin 2003:.
 
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