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Edition du mardi 10 Juin 2003
   
Actualités  
 


Le prochain gouvernement vu depuis Natitingou .

La formation du gouvernement tarde à arriver. Ce retard intrigue les Natayais (les populations de Natitingou). Les supputations vont bon train.

La raison presque unanime évoquée ici, à Natitingou, au sujet des tergiversations du Président Kérékou, c’est qu’il est un homme trop scrupuleux, soucieux d’éviter les frustrations envers les ‘’amis’’ de son sérail politique. Pour beaucoup, les hésitations du chef de l’Etat sont dues au fait qu’il veut contenter tout le monde. Le mal, c’est que chacun des politiciens aux dents longues se soucient fort peu du devenir du peuple. Ce qui préoccupe chacun, c’est de mordre à belles dents dans le gâteau national. le souci majeur du politicien béninois selon ceux que nous avons interrogés, c’est combien chacun peut engranger pour lui, pour sa famille et pour ses récents ‘’bureaux’’ (sous-entendez les maîtresses mange-mil que les politiciens ne manquent pas d’entretenir)

La deuxième raison évoquée ici, à Nati, c’est qu’il y a trop de candidatures. Cet état de fait mettrait le président Kérékou dans un grand embarras qui confinerait au casse-tête chinois.

Troisième raison possible: le ‘’caméléon national ‘’très rude au sein serait l’otage des barons de l’UBF résolus à ne rien céder au P.R.D et à la société civile. Pour d’autres, la bataille serait même très rude au sein même de l’UBF qui, selon beaucoup, ‘’ n’est qu’une union de façade’’ ou un ‘’panier de crabes’’ promis à une mort certaine à la veille des futures présidentielles 2006. Par ailleurs, une des raisons récurrentes évoquées par plus d’un, ce sont les ‘’manœuvres dilatoires’’ de Mme Rosine Vieyra Soglo. Celle-ci aurait gravement retardé le travail de l’Assemblée et surtout la constitution des commissions parlementaires. Ceci, selon certains aurait rejaillit négativement. Pour les détracteurs de la Présidente de la R.B., lesdites manœuvres n’auraient pas offert une bonne lisibilité au Président Kérékou pour savoir qui positionner sur tel ou tel siège ministériel.

Aussi, Pour les Natayais, il y a trop de candidatures pour la conquête des fauteuils ministériels. Et ce n’est là, de l’avis de beaucoup, pas une pratique innocente.

En effet, trop de postulants pourraient dicter au Président l’option d’un gouvernement pléthorique et son cortège de dépenses de prestige ou de souveraineté inutiles dans le fond, l’alourdissement stressant et assommant du budget de fonctionnement, l’élargissement des parcs automobiles tous ministères confondus, des institutions décentralisées etc... Ceci entraînerait des lourdeurs administratives de nature à précariser gravement le bon fonctionnement d’un tel gouvernement et même peut-être, des conflits d’attribution, toutes choses nocives pour une économie déjà peu reluisante.

Pour d’autres encore, dans un gouvernement pléthorique, la paresse trônerait en maître absolu, la rigueur brillerait par son absence et les règles élémentaires d’efficacité seraient souverainement bafouées. Par conséquent, il s’avère impérieux de limiter les postes ministériels à 20 ou 22 au maximum. Pour nombre de Natayais, ce serait une option sage empreinte de patriotisme car à vouloir prendre tout le monde, grand serait le risque d’un Exécutif de politicailles ne pesant même pas un duvet mais prêts à battre des records de cupidité. Alors, attention au rapport qualité/prix... .

 

>>haut

Le Républicain n°615 du mardi 10 juin 2003:Eugène GBEDEDJI.
 
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