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Edition du mardi 10 Juin 2003
   
Actualités  
 


Formation du gouvernement : Des mouvanciers opposés à l’entrée du PRD.

On croyait l’arrivée d’Adrien Houngbédji dans la mouvance présidentielle finalement digérée par son potentiel challenger de 2006 Bruno Amoussou. Mais non, car aux dernières nouvelles, le renard de Djakotomey, en complicité avec l’autre ministre d’Etat Pierre Osho, battrait des pieds et des mains pour que le Caméléon n’aligne pas le leader des Tchoco-Tchoco dans sa prochaine équipe.

Si les informations recoupées dans certains milieux politiques s’avéraient, on ne verra pas trace du PRD dans le prochain gouvernement de Mathieu Kérékou. Tout au moins le leader de ce parti, Me Adrien Houngbédji, n’y figurera pas alors que toutes les analyses politiques le plaçaient déjà ministre d’Etat chargé des affaires étrangères. C’est que le leader des Aïnonvi avait sous-estimé l’habileté ou la rancœur de ses adversaires des présidentielles de 2006 dans ce gouvernement, les ministres d’Etat Bruno Amoussou et Pierre Osho. Les deux seraient en train de fomenter contre Houngbédji un coup dont il aura du mal à se remettre. Ils se seraient lancés dans une campagne de dénigrement de Houngbédji auprès du Général, réclamant de celui-ci la mise à l’écart de l’ancien président de l’Assemblée nationale.

La raison inavouée de cette machination serait d’écarter avant match un concurrent gênant pour les prochaines présidentielles en 2006. Car c’est un secret de polichinelle, Pierre Osho est autant intéressé par le fauteuil de Mathieu Kérékou que Bruno Amoussou. Me Adrien Houngbédji constitue donc pour les deux dauphins un danger sérieux. Surtout que depuis son retour à la mouvance, ce dernier ne cesserait de susciter de l’admiration dans le rang des partisans de Kérékou. Il a ainsi remis à zéro le compteur chez les deux premiers qui avaient pris une avance sérieuse. Mais si les choses devaient se passer ainsi, si Me Adrien Houngbédji devait se retrouver à l’écart, surtout maintenant après sa démission de la mairie de Porto-Novo, Mathieu Kérékou se mettrait à dos toute la région de l’Ouémé. Il est vrai que le Général président n’aura pas besoin des 11 députés du PRD pour asseoir son autorité à l’Assemblée nationale. Mais, à les imaginer dans l’opposition, on soupçonne l’ampleur des torts qu’ils auraient occasionnés à l’action gouvernementale.

Mais pour une fin de mandat paisible et une grande adhésion des populations à son programme de fin de règne, Mathieu Kérékou a besoin de rassembler autour de lui le plus grand nombre de Béninois. Ceux de Porto-Novo et environ qui lui reprochent déjà d’avoir conduit à la ruine la capitale politique du Bénin, et qui le suivent religieusement dans ses efforts de reconstruction de cette même capitale comprendraient-ils un nouveau désaveu de leur leader ? En tout cas avec la situation de Houngbédji, c’est le sort d’une bonne partie des populations du Bénin que Mathieu Kérékou scellera avec son prochain gouvernement. Il devra en tenir compte .

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Le Républicain n°615 du mardi 10 juin 2003: Doucis AÏSSI.
 
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