Législatives de mars 2003:Comment Bruno Amoussou entend
gagner avec son Ubf.
Les
partis politiques préparent avec minutie le scrutin du
30 mars 2003. Du côté des formations politiques qui
se réclament de la mouvance, c'est Bruno Amoussou qui se
bat pour un regroupement des forces sous la couverture de l'Ubf.
Une manière pour lui d'assurer son retour au perchoir au
Palais des Gouverneurs de Porto-Novo.
Bruno
Amoussou veut revenir en force au Palais des Gouverneurs pour
le compte de la quatrième législature. Pour y parvenir,
il a trouvé la formule magique : laisser de côté
d'abord son Psd connu seulement dans le Mono et le Couffo pour
s'accrocher à l'Ubf. L'idée est venue du bilan fait
après les dernières élections locales. Bilan
plus ou moins encourageant si l'on tient compte du nombre de sièges
revenus finalement à la liste Ubf.
Pour
le président du Psd, il n'est plus question de réfléchir
outre mesure pour comprendre que dans le cas d'espèce,
on ne change pas de stratégie. La stratégie de Bruno
Amoussou est donc toute trouvée : réunir autant
que possible ceux qui se réclament de la mouvance sous
la bannière de l'Ubf pour le scrutin du 30 mars prochain.
Ainsi, il faut d'abord un travail de sensibilisation sur la stratégie
arrêtée. C’est ce qui explique les nombreuses
séances de concertation organisée à cet effet.
La deuxième étape consiste à descendre sur
le terrain pour constater les réalités, voire consulter
la base. Dans ce cadre, Bruno Amoussou a organisé une descente
dans le département des Collines le week-end dernier. Cette
descente lui a permis de prendre le pouls des évènements.
A Savè, le constat a été amer dans la mesure
où sur treize sièges, l’Ubf n’a rien
obtenu. Bruno Amoussou a échangé sur la question
avec les « indépendants » désormais
maîtres du terrain. Même chose à Bantè
où Bruno Amoussou a dû faire face à la colère
d’une population mécontente de la manière
dont le député Codjo Achodé a rejoint les
rangs de la mouvance. Des difficultés qui montrent bien
que tout ne se passera pas aussi simplement qu’on l’aurait
cru.
La
question du positionnement…
La
stratégie retenue par l’Ubf est de positionner une
personnalité influente par commune sur la liste d’une
circonscription électorale donnée pour être
certain de gagner. Une très bonne formule si elle pourrait
être appliquée sans complaisance. Mais cela suppose
qu’il y ait au préalable un consensus autour de la
confection des listes électorales, ce qui n’est pas
évident. Quand on prend des communes où il y a deux
à trois leaders politiques, il ne sera pas aisé
d’en dégager un.
D’ailleurs, l’expérience a été
faite avec les dernières élections locales. Ceux
qui voulaient occuper la tête de liste et qui n’ont
pas pu, ont purement et simplement choisi d’aller en indépendant
d’où la dispersion des énergies et des voix.
Tout porte à croire que les même difficultés
vont réapparaître au cours des prochaines législatives
à des différences près puisque, cette fois-ci,
il n’y aura pas de listes indépendantes car, la loi
prévoit que seuls les partis politiques ou alliances de
partis organisés sont autorisés à participer
au scrutin. Bruno Amoussou doit donc s’investir davantage
dans le règlement des questions de susceptibilité
si, réellement, il veut gagner son pari. Dans le cas contraire,
l’opposition qui depuis un moment a le vent en pourpre risque
une fois encore de surprendre.