EN SUSPENS : Question personnelle
La
Commission électorale nationale autonome (Céna)
chargée d’organiser les élections législatives
de mars prochain s’est donc finalement dotée de son
bureau. Ainsi, c’est Adam Soulé Ibrahim qui conduira
la destinée de cette nouvelle Commission électorale
nationale autonome dont la mission est d’organiser les élections
législatives de mars 2003.
Il
est à la tête d’un bureau de neuf membres dans
lequel ne figure aucun membre nommé par des partis d’opposition.
Un bureau 100% mouvance, comme le dirait l’autre. De quoi
donner une fois de plus la diarrhée verbale à une
opposition décidément en baisse de forme dans le
domaine des élections du côté de la Céna.
Et elle (l’opposition) ne doit désormais compter
que sur elle-même pour se défendre, car la Cour constitutionnelle
qui aurait dû l'aider à avoir gain de cause, donc
à disposer de quelques sièges importants dans le
bureau, s’est habilement débinée, arguant
que la notion de configuration politique ne saurait entrer en
ligne de compte dans la mise en place du bureau de la Céna.
En clair, à partir du moment où les membres de la
Céna ont prêté serment, ils ne sont plus censés
appartenir à aucun groupe, clan ou parti politique. La
notion de configuration politique n’a donc plus sa raison
d’être dans la constitution du bureau de la structure.
Il s’agit là d’une lecture pertinente des textes,
lecture que les membres de la Céna se doivent de prendre
en compte s’ils veulent faire une prestation meilleure que
celle de leurs camarades membres de la Céna 2002. En clair,
la mouvance qui se voit majoritaire dans cette Céna, qui
s’est octroyée tous les postes du bureau, doit faire
l’option de la transparence afin de rassurer ses vis-à-vis.
C’est là un impératif de taille si Adam Soulé
Ibrahim connu pour son honnêteté intellectuelle et
sa rigueur morale veut faire œuvre utile à la tête
de cette institution.
Il s’agira pour lui et pour ses camarades d’appliquer
correctement les textes et surtout d’associer l’ensemble
des membres de l’organe à la prise des décisions.
Chaque citoyen, où qu’il se trouve, doit faire l’effort
d’écrire une page honorable de l’histoire.
Depuis l’avènement de la Céna en 1995, des
hommes passent, des bureaux passent, des présidents passent,
mais les actes restent. Il appartient à chacun de savoir
l’image qu’il veut donner de lui-même, aujourd’hui
comme demain. Une question morale…
>>haut
|