REVISION DE LA CONSTITUTION : Kérékou
a la majorité requise (Les 2/3 des députés
lui sont acquis).
Les
élections législatives qui viennent de s’achever
avaient un double objectif. Le premier est celui qui saute à
l’œil à savoir comparer les rapports de force
entre la mouvance présidentielle et l’opposition
; le deuxième objectif, moins criard mais tout aussi important,
est de dégager une majorité qualifiée pour
enclencher la procédure de révision de la Constitution
dans la perspective de l’élection présidentielle
de 2006.
Réviser ou ne pas réviser la Constitution ! La question
a été discrètement soulevée au lendemain
de l’élection présidentielle de 2001.D’abord
par le richissime homme d’affaires du Plateau, Séfou
Fagbohoun, lorsqu’il a déclaré un jour : «
Si Kérékou veut être président en 2006,
il le sera car personne ne peut l’en empêcher. »
A la suite du richissime homme d’affaires, il y a Nazaire
Dossa, moins écouté sans doute, qui a clairement
émis l’idée d’une révision de
la Constitution. Mais le débat n’a pas pris. Il semble
que le chef de l’Etat a rappelé sa troupe à
l’ordre. Ce qui ne veut pas dire qu’il est contre
l’idée d’une révision de la Constitution.
Apparemment, c’était un peu prématuré
de lancer ce débat. Signalons que le principal parti de
l’opposition, la Renaissance du Bénin, particulièrement
doué pour répondre du tac au tac aux partisans de
la mouvance présidentielle, n’avait pas réagi.
Pour une raison toute simple : la révision de la Constitution
intéresse Soglo au même titre que Kérékou.
En dehors de Houngbédji qui n’a aucun intérêt
à avoir la constitution modifiée, Kérékou,
Soglo et Amoussou sont prêts à s’en accommoder.
En l’état actuel, l’article 44 de la constitution,
qui fixe à 70 ans au plus l’âge limite pour
être candidat à la présidence de la République,
écarte les deux premiers de la course à l’élection
présidentielle de 2006. Quant à Bruno Amoussou,
ce sera sa dernière chance, ses chances de gagner en 2006
ne sont pas aussi fortes que ses partisans veulent le faire croire.
Même si aucun d’entre eux n’ose soulever publiquement
la question, trois des quatre grosses cylindrées de la
vie politique nationale sont favorables à une révision
de la constitution. Le drame est que cette convergence de point
de vue vient d’être légitimée par les
urnes. Les partisans de Kérékou, toutes tendances
confondues – UBF, Force Clé, AFP, IPD, MADEP…
- totalisent près de 55 députés. Ce qui,
en soi, est déjà suffisant pour modifier la constitution.
Si les députés de la Rb acceptaient ou décidaient
de jouer ouvertement, ils seront amenés à s’allier
aux députés de la mouvance. Ce qui donnera alors
une majorité plus que confortable pour procéder
à la modification de la Constitution.
Avec ou sans Houngbédji, la constitution peut être
donc modifiée. Mais il serait mieux de l’associer
d’une manière ou d’une autre à cette
révision de la Constitution. Frappée par l’unanimité
obtenue autour du projet, mouvance et opposition étant
d’accord, la communauté internationale ne pourra
que s’incliner. La révision de notre Constitution
n’aura alors rien à voir avec le coup d’Etat
constitutionnel opéré dans certains pays comme le
Togo.
C’est peut-être ce qui explique en partie le rapprochement
Kérékou-Houngbédji. Avec comme contrat de
base : « Tu m’aides encore pour 2006 ; et je te garantis
2011. » Pourquoi pas !.
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