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Edition du jeudi 03 Avril 2003
   
Actualités  
 


REVISION DE LA CONSTITUTION : Kérékou a la majorité requise (Les 2/3 des députés lui sont acquis).

Les élections législatives qui viennent de s’achever avaient un double objectif. Le premier est celui qui saute à l’œil à savoir comparer les rapports de force entre la mouvance présidentielle et l’opposition ; le deuxième objectif, moins criard mais tout aussi important, est de dégager une majorité qualifiée pour enclencher la procédure de révision de la Constitution dans la perspective de l’élection présidentielle de 2006.

Réviser ou ne pas réviser la Constitution ! La question a été discrètement soulevée au lendemain de l’élection présidentielle de 2001.D’abord par le richissime homme d’affaires du Plateau, Séfou Fagbohoun, lorsqu’il a déclaré un jour : « Si Kérékou veut être président en 2006, il le sera car personne ne peut l’en empêcher. »

A la suite du richissime homme d’affaires, il y a Nazaire Dossa, moins écouté sans doute, qui a clairement émis l’idée d’une révision de la Constitution. Mais le débat n’a pas pris. Il semble que le chef de l’Etat a rappelé sa troupe à l’ordre. Ce qui ne veut pas dire qu’il est contre l’idée d’une révision de la Constitution. Apparemment, c’était un peu prématuré de lancer ce débat. Signalons que le principal parti de l’opposition, la Renaissance du Bénin, particulièrement doué pour répondre du tac au tac aux partisans de la mouvance présidentielle, n’avait pas réagi. Pour une raison toute simple : la révision de la Constitution intéresse Soglo au même titre que Kérékou.

En dehors de Houngbédji qui n’a aucun intérêt à avoir la constitution modifiée, Kérékou, Soglo et Amoussou sont prêts à s’en accommoder. En l’état actuel, l’article 44 de la constitution, qui fixe à 70 ans au plus l’âge limite pour être candidat à la présidence de la République, écarte les deux premiers de la course à l’élection présidentielle de 2006. Quant à Bruno Amoussou, ce sera sa dernière chance, ses chances de gagner en 2006 ne sont pas aussi fortes que ses partisans veulent le faire croire.

Même si aucun d’entre eux n’ose soulever publiquement la question, trois des quatre grosses cylindrées de la vie politique nationale sont favorables à une révision de la constitution. Le drame est que cette convergence de point de vue vient d’être légitimée par les urnes. Les partisans de Kérékou, toutes tendances confondues – UBF, Force Clé, AFP, IPD, MADEP… - totalisent près de 55 députés. Ce qui, en soi, est déjà suffisant pour modifier la constitution. Si les députés de la Rb acceptaient ou décidaient de jouer ouvertement, ils seront amenés à s’allier aux députés de la mouvance. Ce qui donnera alors une majorité plus que confortable pour procéder à la modification de la Constitution.

Avec ou sans Houngbédji, la constitution peut être donc modifiée. Mais il serait mieux de l’associer d’une manière ou d’une autre à cette révision de la Constitution. Frappée par l’unanimité obtenue autour du projet, mouvance et opposition étant d’accord, la communauté internationale ne pourra que s’incliner. La révision de notre Constitution n’aura alors rien à voir avec le coup d’Etat constitutionnel opéré dans certains pays comme le Togo.

C’est peut-être ce qui explique en partie le rapprochement Kérékou-Houngbédji. Avec comme contrat de base : « Tu m’aides encore pour 2006 ; et je te garantis 2011. » Pourquoi pas !.

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L’Aurore n° 972 du jeudi 3 avril 2003:Patrick ADJAMONSI.
 
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